La galerie

C’est dans un esprit à la fois radical, percutant, transculturel et bouillonnant que la School Gallery défend depuis plus de dix ans artistes confirmés et jeunes talents venus de tous horizons. Le parti-pris singulier d’Olivier Castaing propose une nouvelle approche des œuvres. Après une visite de la galerie, Olivier invite les collectionneurs et visiteurs à entrer dans son cabinet d’amateur situé en prolongement de la galerie dans un bâtiment du XVIIe siècle, ancien relais des calèches du courrier de Lyon… un cadre historique pour une immersion dans un stock vivant… une installation à part entière. Dans son « antre » comme il l’appelle souvent, on découvre la multiplicité de ce qu’il aime, son intérêt particulier pour la photographie, et les productions de ses artistes fétiches.

 La School Gallery, a été fondée par Olivier Castaing en janvier 2008. Elle est installée dans le Haut Marais, à proximité de la Gaité Lyrique.

Cette galerie se veut un lieu de découverte et de promotion de l’art contemporain sous toutes ses formes, des installations à la vidéo en passant par la sculpture et la céramique, la peinture, le dessin, la photo, le design et les créations d’architectes.

Après 18 ans dans l’Internet et la communication, Olivier Castaing, collectionneur passionné, commissaire d’expositions, petit fils d’un grand peintre du sud ouest, a crée une galerie au cœur du Marais « qui lui ressemble »… revendiquant l’éclectisme de ses choix, et appréciant plus que tout de faire découvrir les univers de prédilection des artistes qu’il soutient et défend avec un enthousiasme et une énergie communicatifs.

Les photographes

La photographie occupe une place toute particulière dans la programmation de la galerie,  avec des personnalités incontournables comme Gilles Caron, le plus grand photoreporter de guerre français. En 2015, la School Gallery a été choisie par la Fondation Gilles Caron pour devenir la galerie mère du photographe. A ce titre la galerie travaille au côté de la Fondation à la promotion de l’œuvre de Gilles Caron et à sa diffusion en France et à l’internationale.

Gilles Caron aurait eu 78 ans en 2018 … mais il ne lui aura fallu que 5 ans pour marquer à tout jamais de son empreinte exceptionnelle l’histoire de la photographie de la fin des années 60.

L’année 2018 a été marquée par la première grande exposition parisienne consacrée au photographe à l’occasion de la commémoration du cinquantenaire de Mai 1968, à l’Hôtel de Ville de Paris.

Mai 68, guerre des 6 jours, guerre du Vietnam, du Biafra, émeutes de Londonderry … ce jeune photographe est présent sur tous les fronts … et il laisse derrière lui plus de 100 000 photographies … Plus que toutes, les photos réalisées par Gilles Caron comme reporter de guerre impressionnent … chaque photographie recèle un sens inné du cadrage, de la dramaturgie, du tempo … il est là ou il faut quand il faut, révélant une part de vérité de ces conflits vécus de l’intérieur, sur les champs de bataille parmi les combattants dans le feu de l’action … une vérité crue, odorante, sonore … chaque image constitue comme une réalité augmentée, des relents de boues et de sueurs des soldats du Vietnam à l’odeur des corps calcinés du Biafra … tout est là fixé sur la pellicule, indélébile … pour témoigner de l’engagement de l’un des plus grands photographes de notre temps.

Gilles Caron était un portraitiste hors norme, sachant saisir des instants de grâce ou les personnalités intimes se dévoilent, comme ce portrait de Gainsbourg et Birkin sur le tournage de Slogan, ou ce portrait de dos du général de Gaulle …

Une sélection exhaustive de photographies noir et blanc mais également en couleurs est visible en permanence à la galerie.

James Hill photographe et photojournaliste britannique de premier plan a rejoint la galerie au printemps 2016. Ses images ont remporté de très nombreux prix prestigieux, dont le World Press Photo, le prix Pulitzer, le Visa d’Or à Perpignan Visa pour l’image, et les prix de la photographie de l’Overseas Press Club of America et NPPA.

Après des études à l’Université d’Oxford et à la London College of Printing, il s’installe en Union soviétique à l’automne de 1991 et devient correspondant du New York Times 4 ans plus tard. Il couvre les intervention américaines en Afghanistan en 2001 et l’invasion de l’Irak en 2003. Ces dernières années, il s’est consacré à des projets plus personnels. Reconnu, en particulier pour ses portraits de groupe et ses scènes de guerre qui s’apparentent souvent à des peintures, son travail  est un mélange de conscience artistique et d’acuité journalistique.

Chez les Français, la galerie représente Stephan GLADIEU. Ce jeune photographe a écumé le globe pour aller à la rencontre d’histoires singulières et nous rapporter des témoignages exceptionnels, des damnés du sel aux veuves de la Cité de Krishna, des Amérindiens aux tribus Maï Maï… Son humanité et son œil exceptionnels, nourris par sa trajectoire de grand reporter, lui permettent de saisir, comme personne, l’étrangeté de la fête annuelle commémorative du peuple Herero, de dresser une galerie singulière des tribues Surmas en Afrique … les derniers héros du débarquement à la rencontre desquels il est allé pour les portraiturer se donnent avec toute la justesse qui siée aux héros.

Stéphan Gladieu repousse les limites de la photo documentaire et de reportage pour la faire entrer dans le champ de la fiction et lui conférer une dimension plasticienne quasi picturale.

Son sens inouï de la dramaturgie de l’image et de la mise en scène lui permet de se réapproprier des décors naturels pour en faire autant de lieux de narration. Ses clichés sur-vitaminés, qui font l’ADN de l’ensemble de ses dernières séries, contrastent avec le côté sombre et inquiétant de certaines de ses productions noir et blanc, réalisées du temps de ses reportages comme photographe de guerre et d’actualité.  Sa série inédite sur la Corée du Nord, qui sera dévoilé à l’occasion de l’édition 2018 de Paris Photo, devrait faire date.

Au-delà des images, il y a du sens, du respect et une extrême humanité devant ces drames qui se rejouent et se commémorent … travail de mémoire, travail de témoignage.  Gladieu détricote l’histoire pour rendre compte de tragédies humaines plus fortes que la raison, plus romanesques que la fiction, plus puissantes que la réalité.

Ses portraits ont la puissance du jamais vu et la force de rendre compte avec une infinie justesse, de ces destins oubliés ou méconnus.

Nicolas DHERVILLERS représente la  jeune garde des photographes français, déjà auréolé de plusieurs prix, dont le prix Arcimboldo et le prix Talents Raymond Weill. Lors de l’inauguration du Centre Pompidou Metz, il réalise un ensemble de photographies à l’invitation de Laurent Lebon. A l’occasion de la Documenta XIII de Kassel, sa série « Behind the Future » a fait l’objet d’une exposition sur le site de Völklingen en Allemagne et a connu un véritable succès avec plus de 40 000 visiteurs.

La programmation de la galerie fait la part belle aux artistes de l’école du Nord avec les suédois Joakim ENEROTH, qui figure dans de très nombreuses collections internationales dont la Tate Moderne et la MEP ou sa compatriote Susanna HESSELBERG, entrée dans la collection Neuflize Vie à l’occasion de Paris Photo.

L’australienne Vee SPEERS est représentée en France par la galerie. Après le succès retentissant de sa série « Birthday Party », suivront des expositions personnelles en Norvège, Suède puis à Shangaï et New York.

La galerie collabore également avec de nombreux photographes invités, tels que l’allemand ANSGAR, le franco-mexicain Ricardo BLOCH, le français Christian SARRAMON sans oublier le japonais Kimio YAJIMA.

Les plasticiens

La Team School Gallery est constituée pour plus de la moitié d’artistes internationaux, l’Amérique du sud et notamment l’Argentine étant particulièrement bien représentée, avec

Marie ORENSANZ, plasticienne franco-argentine née en 1936, est l’une des figures incontournables de la scène artistique sud américaine de ces 40 dernières années. Son œuvre fait partie de nombreuses collections internationales. A l’occasion de son exposition personnelle à la School Gallery en janvier  2009, elle est entrée dans la collection du MNAM / Centre Pompidou.  » Le monde et l’âme s’emmêlent dans des plissements et des replis éternels … Sur des blocs de marbre de Carrare ou sur des feuilles de papier, elle trouve entre les veines et les vides de la matière, un espace pour se glisser, pour écrire, pour penser. Le marbre et le papier. Il existe entre eux, malgré leur apparente distance, des points d’appui, des points d’accord. Tout deux portent la noblesse, la résistance, le poids de l’art ou la finesse de l’esprit et cette si grande fragilité aussi.

. Artiste « historique » de la galerie, elle dialogue avec ses compatriotes, le tandem d’artistes CHIACHIO GIANNONE, les « Pierre et Gilles » argentins qui brodent à 4 mains des toiles oniriques.

A suivre de près le tandem BACHELOT-CARON …  » ils inventent des batailles qui ressemblent à des pièces montées, à des farces rabelaisiennes. Elles se dressent, fières, sur des toiles photographiques immenses, avant de glisser dans la matière, le volume : la céramique. Car de ces guerres hallucinées, jaillissent un tas de choses et d’êtres en grès, en porcelaine : une corne d’abondance, un trop-plein pour tromper l’œil, un festin de gloutons … Au menu donc, des gâteaux de roses, des fontaines givrées, des têtes de guerriers, des corps coupés en deux, des pieuvres qui mangent des homards, des saladiers plein, des crustacés. On est dans un dispositif sans cadres ni limites où la peinture, la photographie, la sculpture, la mise en scène se nourrissent, s’avalent et se digèrent entre elles.  » note l’écrivain Julie Estève.

ROCHEGAUSSEN, jeune artiste français a rejoint au début 2019 la galerie. Sa première exposition personnelle a remporté un très vif succès auprès des collectionneurs.  » Dessins, peintures, photos, vidéos, sculptures, installations, livres d’artistes, le parcours de Rochegaussen a quelque chose d’une table de multiplication. Les catégories y sont moins importantes que l’énergie, l’intensité immédiate, le rythme, l’allant, l’élan qui les traversent. Ce qui compte c’est d’aller au plus vif de ce qui est représenté. Ses matériaux sont parmi les plus simples. Le noir, le blanc et le rouge produisent des effets bien assez exacts. Les protagonistes clairement identifiés. Il y a des personnages, des objets et des symboles qui font penser à une écriture primitive en mouvement. … » écrit le critique Xavier Gérard dans le texte que lui a consacré.

Cécile Le TALEC, quant à elle, a remporté le 1er Prix de la deuxième édition du Prix International de la Tapisserie d’Aubusson et a réalisé avec les ateliers de la Manufacture la première tapisserie installation-sonore au Monde. Elle a été dévoilée au public au Grand Palais à l’occasion de Art Paris artfair au printemps 2015 puis en Chine et à Hong Kong et a été présenté lors de l’inauguration des nouveaux bâtiments qui accueillent la Cité International de la Tapisserie d’Aubusson. Son projet est conçu comme une aventure artistique et explore les frontières entre le langage, la musique et l’espace. La première monographie consacrée à 25 années de création de l’artiste a été publiée aux éditions Dilecta en 2016.

Ghyslain BERTHOLON dont les trochés de face – sculpture en taxydermie – assurent sa notoriété depuis de nombreuses années auprès des collectionneurs et du public. Son installation Vanitas réalisée à l’occasion de la manifestation Monuments et Animaux, présentée successivement au château de Châteaudun et à la Conciergerie à Paris, ainsi que la sculpture Taupologie qui a investi pour une année le parterre du jardin à la française de l’Hôtel Sully, ont donné une nouvelle visibilité au travail de cet artiste lyonnais.

Raphaël TACHDJIAN âgé de 31 ans, a ouvert la programmation de la NEW School Gallery dans son site du Haut Marais avec sa deuxième exposition personnelle. Avec ses dessins exclusivement réalisé au graphite et à la pierre noire, ce jeune artiste fait montre d’un trait à la fois virtuose et précis et d’une maturité exceptionnelle. Son sens de la mise en lumière et l’intensité de ces aplats font parfois penser aux dessins de Robert Longo.

KONRAD, artiste français plus connu pour son travail de graphiste rejoint la Team School Gallery au printemps 2016. Ses portraits d’hommes, barbus, burinés, ravinés, cabossés par la vie, vous fixent avec une intensité rarement égalée en dessin. Exécutés entièrement au stylo bille, ces dessins témoignent de l’acuité du regard que porte cet artiste sur l’homme et le monde en général … de l’infiniment petit aux travers de détails anodins de la nature qu’il scarifie sur des bois en forme de licorne ou de lance, qu’il tatoue sur des fragments de pierres polies comment autant de stigmates d’une vie intime et foisonnante. Ses portraits de Vincent Cassel, David Bowie ou la Reine Elisabeth II, grands formats, ont fait sensation au dernier salon Drawing Now.

Dans les dessins d’Helena HAUSS on trouve des similitudes et une parenté certaine avec les thématiques abordées par Raphaël TACHDJIAN avec des dessins, qui pour la plupart évoquent les premières expériences, le passage à l’âge adulte qui donne lieu à des « rites initiatiques », des apprentissages, des expérimentations qui constituent autant de strates dans la construction de l’identité. En revanche pas de similitude formelle puisqu’Helena HAUSS ne dessine qu’au stylo bille.

« Chacun de mes dessins fait partie d’une même série autour du même thème : celui de l’adolescence, de la jeunesse, la découverte de soi à travers l’interdit et les premières fois. Il s’agit presque tout le temps de souvenirs et d’expériences personnelles ou de celles d’amis. »
Exécutés entièrement au stylo bille, ces dessins témoignent de l’acuité du regard que porte cette artiste sur sa génération et le monde en général.

Duy Anh NHAN DUC, artiste d’origine vietnamienne a rejoint la galerie au printemps 2018. Il a fait de la nature la matrice de ses oeuvres. Une recherche constante d’alliance et d’osmose pour donner à voir le végétal autrement. « J’essaie par mes créations de capturer l’allure si unique des végétaux, de retranscrire les émotions qu’ils suscitent en moi et de les mettre en scène dans la narration qu’ils m’évoquent ». Dans son atelier il transforme sans les contraindre pissenlit, trèfle, pavot, hortensia, lichen… glanés au cours de ses promenades, en oeuvres par lesquelles le cycle du temps s’arrête et devient poésie de la fragilité de l’instant.Entre prise de conscience et beauté de l’éphémère, méditation et radicalité de la nature, Duy Anh Nhan Duc plonge sans cesse dans la beauté du vivant.

Naji KAMOUCHE, artiste franco-algérien, tient une place particulière dans la programmation de la galerie. Olivier Castaing a réalisé avec lui l’exposition inaugurale de la galerie en janvier 2008 et celle marquant le 5ème anniversaire de la galerie. Son installation « A bas les cieux » présentée à la Chapelle des Beaux Arts puis en Off de la Biennale de Lyon ont confirmé le talent de cet artiste prometteur.