Chacune des images que réalise Dhervillers procède du simulacre : paysage recomposé, collage numérique, jouant sur les codes et les références de la peinture du XIXe, du cinéma et de la publicité. Ces Images-fictions, ces paysages théâtralisés créent le trouble, sortant du champ de la réalité pour intégrer un autre espace, celui du montage, celui de l’illusion, celui de la mise en scène.
Une petite fille perdue dans les bois, un vagabond assis, à genoux, contre une cabane en pierre, un garçon à la chevelure blonde qui regarde en cachette, près d’un ravin, ses lettres secrètes, un évêque en exil à côté d’une barre d’immeubles tragiques. Seules restent, devant lui, une montagne gigantesque et sa foi.
Les photographies de Nicolas Dhervillers semblent poser des énigmes. L’accord entre les personnages, leurs activités, leurs vêtements et le paysage avec ses caractéristiques naturelles et construites, s’il se réalise pleinement sur le plan esthétique et formel, se désaccorde sur le plan du sens. Au présent du bâti et du paysage, s’oppose l’incongruité des personnages «en costumes». Ces incompatibilités, sortes d’incohérences creusent et pourfendent l’image.