La forêt
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L’arbre
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Installations dans le paysage
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Bio

Née en 1949 à Paris
Vit et travaille à Paris et en Touraine

Expositions personnelles

2015
Art et Nature, Moulin des Arts de St Rémy, Aveyron

2014
La vie secrète des arbres, Cloître St Martin, Laon

2013
Sculpture Gallery, Lia Schelkens, Tweede Natuur, Halle Zoersel.Belgique

2012
Collégiale Sainte-Croix, Loudun

2008
School Gallery, Paris

2006
Galerie contemporaine, Hôtel de Ville, Chinon

2003
Galerie Barnoud, Dijon

2002
Domaine Olivier de Serres, Mirabel, Ardèche

2000
Maison des Arts Georges Pompidou, Cajarc

1999
Galerie municipale, Vitry sur Seine
Arboretum des Barres, Nogent sur Vernisson

1997
Château de Nedde, Limousin

1996
Galerie Oniris-Barnoud, Dijon

1994
Passages, Centre d’art contemporain, Troyes
Espace des Arts, Colomiers
Hôtel d’Escoville, Artothèque de Caen

1992
Galerie Oniris-Barnoud, Dijon
Espace municipal arts plastiques, Choisy-le-Roi

1991
Fondation du musée Schlumberger, Château de Crèvecœur en Auge
Orangerie du Jardin des Plantes de Caen

1990
Galerie Polaris, Paris
Centre d’Art Contemporain de Vassivière

1989
Maison de la Culture, Amiens

1988
ENAC, Toulouse

1987
Galerie Beau Lézard, Paris
Musée de Valence

Expositions collectives

2014
Quoi de neuf ?  Acquisitions récentes, Artothèque, Palais Ducal, Caen
Le secret, Château du Rivau, Léméré
Landed, art Environnemental, Parc de Beerse, près d’Anvers
Les Flâneurs » parcours de sculptures, quartier de Xintiandi, Shanghai, Flag-France Renaissance

2013
Volume 1/ Jardin des Sculptures, Domaine de La Celle Saint-Cloud, Ministère des Affaires étrangères
A ciel ouvert, exposition d’art contemporain environnemental – Abbaye de Jumièges

2012
Jardins en métamorphose, Parc de L’Europe, Thiais
Château du Rivau, Lémeré

2011
Centre d’Arts et de Nature du Domaine de Chaumont-sur-Loire
Château de Monbazillac, Ephémères 2011- Les Rives de l’art
Du cœur à l’écorce, la Maison des Consuls, Pézenas
De l’arbre au bois, Carrefour des Arts, La Chapelle Urée

2010
Salon DRAWING NOW, stands School Gallery & Galerie Barnoud, Carrousel du Louvre
Des intrus au musée, Musée d’art et d’histoire, Chinon

2009
à dessin, galerie Satellite, Paris
Femme y es- tu ?, ARTSENAT, galerie contemporaine, Chinon
Art et Paysage, Musée de L’Echevinage, Saintes

2007
Femme y es-tu ? ARTSENAT, jardin du Luxembourg, Paris

2006
Trois Jardins, Carré Sainte Anne, Montpellier
Open 20, artothèque de Caen
Parcours # 1, Cabinet d’art graphique, MAC/VAL, Vitry

2005
Histoires d’arbres, Château du Tremblay, Yonne

2003
Entre ciel et terre, Parc de Schilde, Belgique (œuvre in situ extérieure, temporaire)

2002
Oeuvres d’arbres, galerie de la Deputation, Huesca, Espagne (œuvre in situ intérieure, temporaire)
Les Environnementales, Tecomah, Jouy-en-Josas (œuvre in situ extérieure, temporaire)
La collection de la Fondation Camille » Hôtel de Ville, Paris

2001
Jardin des Émotions, St Germain en Laye
Oeuvres d’arbres, Musée des Beaux-arts de Pau (œuvre in situ intérieure, temporaire)
Nature Vive, Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris

1999
Aller et retour, Stadtgalerie de Sarrebruck et Stadtgalerie de Kiel, Allemagne
Jardins secrets, Hôpital Charles Foix, Ivry-sur-Seine
Tweede natuur, Halle Zoersel, Belgique

1998
Jardin d’artiste : de mémoire d’arbre, Musée Zadkine, Paris
Sculptures en genre et en nombre », FRAC Limousin, Halle aux Grains, Saint Junien
Aller et retour, Kunstverein de Bonn, Allemagne

1997
Confrontations, Musée de Soissons
La collection de la Fondation Camille, Musée d’Epinal et Université de Montréal, Québec

1996
Symposium de sculptures éphémères, Cholet (œuvre in situ extérieure, temporaire)
Villette/Amazone, Manifeste pour l’environnement au XXIè siècle, Grande Halle de la Villette, Paris
L’Art dans les Chapelles, avec Loïc Le Groumellec1994
Différentes Natures, Centre d’art contemporain de la Virreina, Barcelone
II segno della natura in La più bella Galleria d’Italia, Florence
Art Grandeur Nature II, Parc de la Courneuve, Saint-Denis
Architecture et nature, FRAC Lorraine, Citadelle de Montmédy

1993
Différentes Natures, EPAD La Défense, Paris
Hommage à John Cage, Ecole des Beaux-arts de Rouen (œuvre in situ intérieure, temporaire)
Jours tranquilles à Clichy, Paris et New York

1992
Galerie Polaris, Paris

1991
Vendanges, Centre culturel de Villefranche-sur-Saône (œuvre in situ intérieure, temporaire)
Centre d’art contemporain du Crestet

1990
Traces+Signes – Les ateliers du Sundgau, CRAC Alsace (œuvre in situ extérieure, temporaire)
Arte Sella – Borgo, Italie (œuvre in situ extérieure, temporaire)
FIAC, Galerie Polaris, Paris

1989
Galerie Polaris, Paris

1988
Biennale de Sculpture Européenne, Jouy sur Eure

1987
Bourse d’Art Monumental d’Ivry, CREDAC
Musée Sainte-Croix, Poitiers
Installation dans le paysage, AREA, Picardie (œuvre in situ extérieure, temporaire)

1986
Frêles structures, Centre d’art Pablo Neruda, Corbeil-Essonnes
Salon de la Jeune Sculpture, 86/2

1985
Salon de Montrouge
Salon de la Jeune Sculpture 85/1

Collections publiques

CNAM, Centre Pompidou
Bibliothèque Kandinsky MNAM/ Centre Pompidou
Artothèque du Limousin
Fonds municipal d’art graphique, MAC/ VAL, Vitry sur seine
Artothèque de Caen
Ville de Vitry sur Seine
Ville de Colomiers
Fonds Départemental d’Art Contemporain de Seine Saint-Denis
Fonds National d’Art Contemporain, Paris
Ville de Paris
Fonds Régional d’Art Contemporain du Limousin
Fonds National d’Art Contemporain, Paris
Fondation Camille, Paris

Oeuvres in situ

2009
Parc de sculpture d’ ARTE SELLA, Borgo Valsugana, Italie
Collège Parc Frot, Meaux

2008
Collège La Nacelle, Corbeil-Essonnes

2004
Collège de Champcueil, Essonne

2002
Domaine Olivier de Serres, Le Pradel, Mirabel, Ardèche
Commissariat de Police de St Maur-des-Fossés

2001
Le Cèdre d’or, Parc de l’Ile St Germain, Issy-les-Moulineaux

1997
Groupe scolaire Charles Perrault, Bussy St Georges

1996
Parc de sculpture de Kingswood, Kent, Angleterre
Ecole Nationale Supérieure d’Ingénieurs de Limoges

1995
Parc de sculpture, Tickon, Langeland, Danemark
Parc de sculpture, Djerassi Foundation, Woodside, Californie
Siège social de Nestlé France, Noisiel

1994
IN SITU, île de la Princesse Mathilde, Enghien-les-Bains

1993
Siège Social de Scetauroute, Saint-Quentin-en-Yvelines
La Plaine Normande, Caen, Lotissement de Cormelles le Royal

1992
Lycée de Besançon (commande 1% artistique)

Texts

Catalogue d'exposition Oeuvres d'Arbres

Colette Garaud, Musée des Beaux-Arts de Pau, 2001

Depuis le milieu des années soixante-dix, le travail de Dominique Bailly témoigne d’une relation contemplative avec les sites naturels qu’elle a choisis comme lieu de vie. Dans l’atelier, l’artiste privilégie la pratique intime du matériau et la recherche sur la forme. Le bois qu’elle choisit en fonction de son essence, induit lui-même la direction du travail, l’artiste mettant à jour les formes latentes et invisibles, déjà présentes au cœur de la matière, ses veines « d’énergie », son histoire. La production de l’œuvre à partir de l’arbre procède d’une pratique de la taille directe à la tronçonneuse, dans une recherche d’équilibre entre le volume et le contour, entre la texture sensuelle du bois et la clarté du dessin, unissant la rigueur  formelle d’une géométrie à l’étrangeté des figures cachées à l’intérieur de l’arbre.

Dominique Bailly recourt à la série dont elle organise la présentation sous forme d’installations. L’artiste dispose ses pièces de façon à suggérer un parcours tout en laissant au regardeur toute latitude de circuler à sa guise.

Les éléments suspendus de l’installation les larmes de la forêt, découpes ondulantes, formes simples à la légèreté dansante exaltent la qualité de la matière et sa couleur. Les premières lames sont des chutes de travaux antérieurs, grandes échardes conservées quelques années avant que leur forme intrigante n’en induise d’autres, à la fois proche et différente, fluides, arquées, gonflées comme des gouttes étirées au bord de la chute, ou pointues, et dont la dynamique est parfois animale. Le câble fin d’acier qui les maintient suspendues, équipé d’un émerillon, leur confère une mobilité prolongée à la moindre impulsion. L’attention que porte l’artiste à la qualité rugueuse, mate, ou brillante, absorbante ou réfléchissante des surface est extrême. Par là sa sculpture ne joue pas seulement des effets de masses et d’occupation de l’espace, elle est aussi subtilement « rétinienne ».

Présentation de l'Oeuvre de Dominique Bailly

Colette Garaud

Dominique Bailly est sculpteur. Elle vit et travaille à Paris et en Vendée. Depuis le milieu des années soixante-dix, son travail témoigne d’une relation contemplative avec les sites naturels qu’elle a choisi comme lieu de vie (la forêt bretonne, puis limousine, et depuis peu, le bord de mer). Ses premières oeuvres, des travaux de tissage tout d’abord (1976-1982), puis d’aériennes structures de branchages (1983-1987), sont réalisés en atelier à partir de matériaux collectés au cours de longues marches, qui font naître chez l’artiste le désir de se confronter plus directement au paysage, à son échelle, ses composants, sa topographie. Une bourse du Ministère de la Culture, obtenue en 1987, lui permet de conduire dans la forêt bretonne les premières expérimentations dans ce sens, sous forme d’architectures végétales éphémères, sur le modèle des architectures primitives qui informent également ses constructions en atelier.

En octobre de cette même année, la tempête qui ravage la forêt environnante, déracine et déchire les arbres gigantesques, provoque dans son travail l’irruption d’une dimension dramatique. Les notions de blessure et de mort fondent avec violence le sentiment d’une identité sensible et chamelle entre le destin de l’arbre et celui de l’homme, tandis que se met en place un processus systématique d’exploration des propriétés du bois. Pour la réalisation des sculptures en atelier, elle travaille désormais à partir des troncs mutilés et des branches majeures arrachées au niveau des nœuds, qui, tronçonnés, nettoyés et poncés deviennent littéralement le corps de l’œuvre, lui donne volume, chair et texture. Elle enregistre aussi, sur de grands papiers goudronnés, la trace des mutilations subies par les hêtres ou les chênes centenaires.

À partir de ce moment fondateur, le parcours de Dominique Bailly va mettre en évidence avec clarté et rigueur une double articulation assumée et méditée : entre l’expérimentation sensible de l’environnement naturel et la sculpture en atelier d’une part, entre le travail en atelier et l’intervention directe dans le paysage d’autre part.

Dans l’atelier, l’artiste privilégie la pratique intime du matériau et la recherche sur la forme. Le bois qu’elle choisit en fonction de son volume de son essence, induit lui-même la direction du travail, un peu selon l’ancienne croyancemythique qui voudrait que l’artiste mette à jour les formes latentes et invisibles, déjà présentes au cœur la matière. La production de l’œuvre à partir de l’arbre procède d’une pratique de la taille directe à la tronçonneuse, dans une recherche d’équilibre entre le volume et le contour, entre la texture sensuelle du bois et la clarté du dessin, unissant, dit l’artiste « la rigueur formelle d’une géométrie à l’étrangeté des figures cachées à l’intérieur de l’arbre ».

Pour de telles œuvres, Dominique Bailly recourt souvent à la série. C’est le cas pour les bombes volcaniques (Les larmes de la terre), pour les « sphères » ou les « lames », dont elle organise ensuite la présentation sous forme d’installations. Les unes sont simplement posées au sol, isolées ou inscrites dans des jeux précis d’alignement ; les autres suspendues, réunies autour d’un axe, ou librement dispersées. L’artiste dispose ses pièces de façon à suggérer un parcours tout en laissant au regardeur toute latitude de circuler à sa guise.
Dans le passage de l’atelier au travail direct dans le paysage, Dominique Bailly procède du même principe de révélation d’une forme, d’un sens, d’une histoire cachés, et de la même démarche, celle du « nettoyage comme méthode heuristique », pour y parvenir. Sur un sol ou dans un paysage, l’intervention, qui tient du jardinage et du travail de fouille, met à jour les éléments les plus significatifs découverts lors du repérage, et tend à exalter l’esprit du lieu. 1990 est pour Dominique Bailly une autre année décisive lorsque l’incendie des ateliers du Quai de la Seine détruit la presque totalité de ses sculptures, et qu’elle est presque
simultanément invitée à réaliser sa première oeuvre permanente dans le parc du Centre d’art de Vassivière en Limousin, étape importante dans l’histoire d’une confrontation aux forces naturelles et au temps qui usent, altèrent, déforment, confrontation perceptible dès les premières sculptures où elle « tentait d’arrêter la vie des branches pour les maintenir en vie ».
En nettoyant le site de Vassivière, elle met à jour un chaos rocheux dans lequel elle insère des formes de chêne taillées à la ressemblance des blocs de granits auxquels elles s’ajustent exactement, l’artifice venant parachever l’œuvre de la nature. Cette installation marque le début d’un travail en diptyques, dans lequel la sculpture, sur un mode mimétique, redouble les formes proposées par la nature, comme dans le parc du Crestet, où, l’année suivante, une excroissance ronde sur le tronc d’un chêne se trouve reprise en écho prolongé par des sphères de chêne et de calcaire, comme si la nature engendrait un art subtil du passage, de la transition. Dans ces interventions comme dans celles qui vont suivre, c’est un élément de topographie que l’artiste s’attache à révéler. Ainsi dans le parc de Tickon, au Danemark, en 1995, un tumulus naturel est cerné de cailloux comme un vestige celtique, tandis que dans le parc de La Courneuve, en 1994, une triple « barrière » verticale de rondins accompagne le mouvement des collines.

Chacune de ces oeuvres, par ailleurs, en appelle au déplacement du promeneur, à son implication physique, guide sa découverte progressive du paysage, et l’inclut comme participant dans le lieu dont il explore les rythmes et la topographie. C’est la notion de  « sculpture-promenade » que l’artiste a conçue dans la familiarité des alignements mégalithiques. Ainsi, pour le siège social de Nestlé France, à Noisiel elle a créé un jardin intérieur, autour d’une rivière de schistes verts disposés en écailles de poisson, bordée de plantation d’helxine et de grands bambous. La force de l’œuvre réside essentiellement dans la traversée qu’elle opère, par le prolongement de la rivière sèche au-delà de la paroi de verre,  jusqu’aux berges de la Marne, assurant une continuité visuelle entre l’intérieur et l’extérieur.

Dans sa récente intervention à Jouy-en-Josas, Dominique Bailly a investi un cabanon de bois utilitaire qui se trouvait sur une bande de terre entre le lac artificiel et un bras mort. Elle en a fait ouvrir les parois afin de le traverser par un Courant vert de chlorophytums qui s’étire entre les berges, sur une cinquantaine de mètres, depuis un chêne rouge jusqu’au magnifique platane qui ferme la perspective. Le visiteur est invité à marcher le long de la rivière végétale, y compris à l’intérieur du cabanon.

L’alternance qui vient rythmer ces deux pièces – dehors, dedans, dehors – est celle-là même qui scande l’œuvre tout entière, accomplie tantôt en intérieur comme la sculpture traditionnelle, tantôt in situ dans le paysage.