Bio

Né le 15 février 1956 à Marilia, Brésil

Formation

1993
Bourse Leonard de Vinci, Ministère de la Culture et de la francophonie

1982-83
Ecole Nationale des Beaux-Arts, Paris

1978-80
Watford School of Arts, Londres

1974-76
Faculdade de Artes Plasticas F.A.A.P., Sao Paulo

Expositions personnelles

2012
Chapelle de la Visitation, Thonon-les-Bains

2011
Galeria Murilo Castro, Belo Horizonte

2010
L’arpenteur, Musée Zadkine, Paris
Galeria Raquel Arnaud, Sao Paulo

2009
Le glâneur, l’ange et l’enfant bossu (mémoire de mes cent ans), Paço Imperial, Rio de Janeiro (dans le cadre de l’année de la Fance au Brésil)
Gustavo Rebello Arte, Rio de Janeiro

2007
Galeria Raquel Arnaud, Sao Paulo
Verso Reverso, SESC Santo André, Sao Paulo
Entre deux lumières, Espace Franz Krajcberg, Paris

2006
Gallery 32, Londres
Habitat center, New Delhi

2005
Verso Reverso, SESC Araraquara, Sao Paulo
Je ne suis pas d’ici, Maison de l’Amérique latine, Paris (dans le cadre de l’année du Brésil en France)
Galerie 1900-2000, Paris
L’origine du monde, Centre d’art contemporain 10neuf, Montbéliard (dans le cadre de l’année du Brésil en France)

2004
L’endroit du verso, Casa França-Brasil
Marcia Barrozo galeria de arte, Rio de Janeiro

2002
Appropriations/ Expropriations, CREDAC, Ivry-sur-Seine
Estudio Guanabara, Rio de Janeiro
Remedos e remendos, Paço das Artes, Sao Paulo
Pinturas e objetos indiretos, Pinacoteca do Estado de Sao Paulo

2000
Galerie Cleyne Huis, La Haye
Médiathèque Jean Renoir, Dieppe

1999
Paço das artes, Rio de Janeiro
Musée château de Dieppe

1998
Passage de Retz, Paris
Estudio Guanabara, Rio de Janeiro
Museu de arte, Ribeirao Preto

1997
Interventions, Musée de Beaux-Arts, Agen
Hopital Ephémère, Paris
Estudio Guanabara, Rio de Janeiro
Oficina de Ideias, Marilia

1995
Institut Français, Thessalonique

1992
Galerie Jacqueline Moussion, Paris

1990
Archaeological forms, La Base, Paris
Usine Ephémère, Paris

1988
Galerie Laage-Salomon, Paris
Galerie Riverin Arlogos, Montréal

1986
Galerie Marius, Copenhague

1985
Galerie du Haut Pavé, Paris
Espace latino-américain, Paris

1981
Flexor Gallery, Marilia

Expositions collectives

2011
Punto Linea Curva, Contemporaneo C.C. Borges, Buenos Aires
Hémisphère Sud, Galerie du granit, Ecole d’art Gérard Jacot, Belfort

2010
Instalaçao Sonora 66 x 96, Paço das Artes, Sao Paulo

2008
Mao Dupla, Sesc Pinheiros, Sao Paulo

2007
Galerie Sycomore, Paris

2006
Stop Over, Centre FriArt, Friburg

2006
Passion et raison d’un esprit constructif, Coll. Fondation Daniela Chappard, Biarritz

2005
Amalgames brésiliens, Musée de l’oeuvre, Mantes-la-Jolie
FIAC, galerie 1900-2000 et galerie Mouvements modernes

2004
Don’t call it performance, Museo del Barrio, New York

2003
Don’t call it performance, Centro de arte Reina Sofia, Madrid
Paris photo, galerie 1900-2000

2002
FIAC, galerie 1900-2000

2001
L’art en toute liberté, Europ’art, Genève

2000
Continental shift, Fondation Ludwig, Aachem
Galerie 1900-2000, Basel

1998
City canibal, Paço das artes, Biennale de Sao Paulo
Museu de Arte de Sao Paulo, Col. Gilberto Chateaubriand

1999
Vivre  Paris, Espace electra, Paris
FIAC, galerie 1900-2000

1997
Maison de l’Amerique Latine, Paris

1996
Biennale de Pontevedera, Espagne
Espace d’art contemporain Camille Lambert, Juvisy

1995
Maison d’Art Contemporain Chaillioux, Fresnes

1994
Dessins de peintres,  MAM, Rio de Janeiro et MAM, Salvador

1993
Bronze Contemporain,St-Juire-Champigillon
Interventions sur collection, Musée de l’Assistance Publique, Paris
Dessins de peintres, Galerie Riquelme, Vannes

1991
Hôpital Ephémère, Paris
Galerie 1900-2000, Paris

1990
FIAC, galerie Laage-Salomon

1989
Galerie Riverin-Arlogos, Montréal
Galerie 1900-2000, Paris
FIAC, galerie Laage-Salomon
Les Ateliers, Usine Ephémère, Paris

1988
CREDAC, Ivry-sur-Seine
33ème Salon de Montrouge

1987
Galerie Laage-Salomon, Paris
Modernidade, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

1986
Maestro e giovenni, Institut italo-américain, Rome

1985
Center Gallery, Londres

1984
Projet Out-Door, Musée d’Art Contemporain, Sao Paulo

1983
Espace latino-américain, Paris (prix Petit format)

1980
Jeunes dessins, Musée d’Art Contemporain, Sao Paulo

1977
Linguajaratual, Universidade de Sao Paulo

1976
Musée de l’Image et du Son, Sao Paulo

Texts

Julio Villani, lier le monde

Philippe Piguet, 2010

Qu’il soit en bois, en os ou en plastique, qu’il soit japonais, indien ou français, le bilboquet est un jeu d’adresse constitué de deux éléments  – une boule et une tige – reliés entre eux par une cordelette. Le principe du jeu est de jeter la boule en l’air de façon qu’elle s’enfile en retombant sur la tige. C’est dire le rôle déterminant du lien qui rattache ces deux éléments, lequel doit permettre au joueur par l’impulsion qu’il lui transmet de réaliser leur union. Savant dosage en vérité qui fait de la cordelette le vecteur à la réussite de celle-ci et qui réclame de la part de celui qui pratique dextérité, attention et promptitude. Jouet de gosse, le bilboquet n’en est pas moins dangereux ; objet de compétition, il distingue les esprits vifs et habiles : dans tous les cas, il passe autant pour ludique que pour savant. Symbolique d’une parfaite complétude entre deux entités destinées à s’associer, le bilboquet est un objet chargé de sens : il est tout à la fois l’emblème de la relation entre la vie et la mort, l’homme et la femme, l’un et le tout, le yin et le yang, etc., l’ensemble boule, tige et cordelette composant une singulière trinité.

A l’inventaire de l’œuvre de Julio Villani figure une sculpture faite de trois immenses bilboquets en bois tourné que l’artiste installe au sol comme les pièces d’un jeu abandonné là par quelques géants de passage. Ce ne sont plus de simples jouets mais les éléments d’un théâtre que leur monumentalité renvoie à ces contes dont Pantagruel, Gulliver ou Micromégas sont les héros. A la découverte de cette oeuvre revient encore en mémoire le souvenir de ce grand arpenteur, cher à Jules Supervielle, qui traverse les mers, les monts et les vallées d’une seule et même enjambée, animé par un besoin d’embrasser l’espace. De se laisser accaparer par lui.

On ne vit pas entre deux continents, on ne déambule pas entre deux pays, sans que cela ne vous atteigne au plus profond de votre individu. Julio Villani s’est ainsi constitué, entre Amérique du Sud et Europe, entre sa terre natale du Brésil et la France qu’il a élue pour pays d’adoption, entre São Paulo où il a grandi et Paris où il a forgé son identité d’artiste. Le choix délibéré qu’il a fait de ce partage et la façon constructive dont il l’a envisagé confère à sa vie comme à son œuvre une dimension dynamique, pleinement assumée, qui se détermine, paradoxalement, à l’ordre d’une unité.

Où d’autres souffriraient d’écartèlement et de dispersion, Villani trouve matière et sujet à rassemblement et à réunion. Où certains se perdraient dans les abysses de la schizophrénie, l’artiste se fraye au contraire un chemin qui, s’il est riche en circonvolutions de toutes sortes, n’en trace pas moins l’obsession d’un regard soucieux de révéler la part secrète des choses. On ne vit pas innocemment entre deux géographies sinon à vouloir changer le monde. Le plier à la forme d’un carré noir. Coudre son endroit et son envers. L’immobiliser dans la mise en œuvre d’une machine célibataire ou, à l’inverse, le faire tourner sans fin pour activer le rythme cadencé d’une marche. Lui inventer tout un peuple de figures hybrides, etc., etc. Autant de paris imprévisibles dont l’œuvre de Julio Villani n’a de cesse de se nourrir. De se constituer, en toute liberté.

Fil, ligne, trait, boucle, réseau, nœud…, l’art de Julio Villani est requis par l’idée de lien. Elle lui est consubstantielle et structure chacun de ses travaux. Subséquemment, il l’est par celle de pôle, de contrepoint, d’extrémité, voire d’opposition. Aussi se détermine-t-il à l’ordre de l’organisation d’un va-et-vient, d’un aller-retour, d’un échange et c’est au cœur de ce dernier, dans cet « entre-deux », comme le dit lui-même l’artiste, que tout s’opère. D’un cœur l’autre est le titre d’un dessin tout à la verticale, daté 2005, qui en est une parfaite illustration. Deux cœurs rouge vif situés en haut et en bas de l’image peinte, chacun frappé des noms de São Paulo et de Paris, sont reliés par tout un réseau de lignes colorées qui serpentent entre différentes inscriptions. Conçu sur le mode d’un schéma aux allures dadaïstes qui s’applique à décrire les pérégrinations de l’artiste, D’un cœur l’autre n’est autre qu’un autoportrait en forme de biographie dessinée.

Entrer dans l’œuvre de Julio Villani, c’est déposer tous ses a priori, c’est accepter de remettre en question ses habitudes perceptives, c’est se laisser guider par l’humeur d’une pensée vagabonde qu’aucun dogme ne régit. L’artiste s’est ainsi longtemps adonné à l’exercice d’une véritable anthropophagie artistique, se nourrissant à la source des propositions les plus diverses. S’il ne cache pas la fascination qu’ont exercé sur lui les Indiens, leurs us et coutumes et leur inépuisable capacité à l’invention plastique, il reconnaît que l’exemple d’Arthur Bispo do Rosario a compté plus que tout. D’abord marin et boxeur, atteint de schizophrénie paranoïde, ce dernier disait avoir reçu l’ordre de Dieu de lui brosser un inventaire du monde de sorte à le lui montrer le jour de son passage dans l’au-delà. Interné, il passait ainsi des heures interminables dans sa cellule à faire de la couture et à fabriquer des objets les plus variés à partir de tout ce qu’il pouvait récupérer ici et là.

Particulièrement sensible à l’art d’un autre de ses compatriotes, Alfredo Volpi, maître incontesté de la couleur et auteur d’une synthèse épurée de l’imagerie populaire brésilienne, Julio Villani avoue toutefois que la découverte qu’il fit de Mondrian a complètement bouleversé sa vision du monde. Elle l’a entraîné à développer dans un premier temps une œuvre toute en géométrie subtile et sensible, forte d’une familiarité avec celle de Lygia Clark, de ses peintures dépliées et de ses sculptures à charnières transformables. Du dadaïsme au Nouveau réalisme, de Duchamp à Broodthaers, en passant par le cubisme, le surréalisme et par des artistes comme Torrès-Garcia et Oiticica, l’œuvre de Villani s’offre ainsi à voir dans une hétérogénéité de formes et de contenus qui témoigne du principe d’appropriation tous azimuts qui la fonde.

Parcourir l’œuvre de Julio Villani, c’est aussi prendre la mesure de ce que l’art peut encore répondre à des questionnements existentiels. La question de l’identité qui tisse la toile de fond de sa démarche n’est pas seulement appréhendée à partir de la question de la ligne, qu’elle soit de partage, de liaison ou d’équilibre, mais par tout un travail sur la mémoire. Le mode de la récupération que pratique Villani et la forme de recyclage qu’il fait subir aux objets de rebut qu’il transforme est une façon pour lui d’opérer la conjugaison de deux temporalités afin d’en instruire une nouvelle qui confère à l’œuvre ainsi créée sa propre identité. D’une part, il y a l’existant avec lequel l’artiste compose ; de l’autre, il y a ce quelque chose d’étranger qu’il lui adjoint et c’est dans leur arrangement que l’art trouve sa raison d’être. A l’appui de tout un lot de vieux papiers d’actes notariés et de vieilles photographies glanés aux Puces, Villani s’est ainsi inventé toute une famille – sa « famille française », dit-il. Prenant en compte l’histoire de celles et ceux que ces documents pouvaient lui raconter, il y a commis toutes sortes d’interventions qui lui ont permis de faire sa place – et pour tout dire de faire son trou. Entre géologie et généalogie, l’écart est infime. Il y va d’une même dimension palimpseste que caractérise l’idée d’une sédimentation de l’espace et du temps. C’est dans un tel processus que l’art de Julio Villani s’informe, prend corps et racine, par-delà toute considération de frontière, en vue de l’avènement d’un langage universel.

Julio Villani – Pour une domestication ludique de l’Histoire

2010

Ce qui m’apparaît en filigrane lors de la conversation que j’ai avec Julio Villani dans son atelier, entouré de sa production notoirement hétérogène, est l’impression que la « simultanéité » des formes et démarches de son travail trahit la constance de sa pensée créative.

Cela ne signifie pas que la nature variée de son œuvre soit dictée par les contraintes pratiques de son processus créatif. Le plus souvent, au contraire, son travail naît de l’association d’une sensibilité subjective et d’une façon très personnelle d’appréhender ses préférences historiques dans l’art. Chacune à sa façon, ces deux facettes puisent leur origine dans ses dislocations géographiques et, par extension, culturelles.

Sa sensibilité et les références à l’Histoire de l’Art transparaissent dans son travail à travers l’emploi d’alter ego, parfois fictifs – comme l’utilisation qu’il a fait de pseudonymes dans le passé – ou par l’allusion aux esthétiques d’avant-garde du XXe siècle et aux références historiques tutélaires.

Ces appropriations sont tantôt explicites, tantôt discrètes. En tout état de cause, il semblerait que cette simultanéité de l’art et la manière se dédouble souvent par une concomitance de différentes formes de mémoire – personnelle et spécifique à l’art, subjective et partagée.

À l’origine, la carrière artistique de Villani s’identifie à une peinture globalement géométrique, éminemment noire et blanche, dans laquelle les formes se fondent en d’autres par la répétition, dans un processus organique de subdivision et de multiplication. Je vois ici une connexion avec Forme et Croissance de D’Arcy Thompson, qui influença le cours Processus d’évolution proposé dans les années 1950 par Richard Hamilton et Victor Pasmore dans le cadre du programme Formes Élémentaires au King’s College, lui-même largement dérivé des enseignements du Bauhaus.

Similairement, le travail de Villani évolue à la fois dans ses formes et dans ses concepts à travers une reconnaissance historique englobant des processus culturels plus amples, comme s’il affirmait que la culture était forcément référentielle et que l’originalité surgit de la répétition. Miroir et ciseaux deviennent son moyen de duplication, son procédé pour multiplier ses propres traces, de manière analogue à celle qu’il utilise pour perforer diverses couches historiques­ – qui s’épandent alors l’une dans l’autre, se contaminant mutuellement.

Cet essai, tentative fragmentaire d’accoler ces explorations, propose une piste possible pour suivre ses différentes formes de simultanéité, les reliant sous la structure linéaire d’un livre. On pourrait tout aussi bien les battre, à l’instar d’un jeu de cartes, et les redistribuer pour raconter la même histoire avec une autre intonation, peut-être avec un autre accent.

Press

Julio Villani expose ses assemblages fantasques au Musée Zadkine

Le Monde

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O Brazil ! - Exposition collective

Arts Hebdo, mars 2012

O Brazil - Thonon-Les-Bains

Ville de Thonon, 2012

Julio Villani au Musée Zadkine

BeauxArts Magazine, novembre 2010

Julio Villani au Musée Zadkine

ArtPress, novembre 2010

Julio Villani : balade entre deux mondes

Kultur, décembre 2010

Julio Villani : L'Arpenteur

Figaroscope, décembre 2010

Julio Villani : L'Arpenteur

L'Agora des Arts, janvier 2011

Julio Villani : solo show

Art Nexus, décembre 2010