Revenge !
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Synchromes
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Poézies Humaines
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Vanitas
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Sculptures & Intervention extérieures
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Poézies Animales
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Bio

Après des études en communication par l’image, Ghyslain Bertholon entre en deuxième année à l’Ecole des Beaux-Arts de Saint-Etienne en 1994. Il en sort quatre ans plus tard avec le DNSEP.

Dès 1999, il intègre l’Atelier de Conception, rassemblement d’une quinzaine d’artistes, architectes et designers pour des actions dites de proximité, dans l’espace public.

Jusqu’en 2004, il multiplie les collaborations artistiques et crée, ou rejoint, plusieurs collectifs d’artistes.  Il réalise dans le même temps plusieurs commandes publiques pour des installations pérennes dans l’espace public.

A partir de 2005, il écrit sa propre «Poézie» (mise en place du programme artistique Diachromes Synchromes et Poézies) et multiplie les expositions et résidences en France et à l’étranger (Berlin, Tallinn, Riga,…).

La même année, il fonde le Laboratoire d’Art Impliqué (association pour la sensibilisation des publics à l’art contemporain) et travaille pour l’Ecole des Beaux-Arts de Saint-Etienne en collaboration avec ELIA (The European League of Institutes of the Arts) sur le programme re:search project.

Le travail de Ghyslain Bertholon se structure depuis 2005 autour de deux pôles distincts et complémentaires. Le premier l’entraîne dans une analyse des flux d’images et d’informations (programme de recherches donnant naissance aux Diachromes et aux Synchromes) tandis que le second regroupe, sous le nom de « Poézies », l’ensemble de ses réflexions et de son approche sensible sur ce qui constitue notre environnement social et culturel.

Expositions personnelles

2017
Putain d’expo!, exposition collective, Domaine de La Pras, Montverdun, France
Cas d’espèces, exposition collective, Aldébaran art contemporain, Castries, France
Chassé croisé, exposition collective, partenariat avec le musée de la chasse et de la nature de Paris, Château de Champlitte, France
Déambule, Festival de paysages d’Annecy, France
Paysages, pas si sages, Biennale d’art contemporain d’Issy les Moulineaux, France
Parcours art et nature du Giffre, Fin de Résidence d’artiste, Taninges, France

2012
Ma Léda, School Gallery / Olivier Castaing, Paris
L’échapée Belle, L’angle, espace d’art contemporain, La Roche sur Foron

2011
Exposition Poézies Chinoises, Sanjiang University, Nanjing, Chine
Taupologie, hôtel de Sully, Paris
Exposition Bêtes Off, commissariat Claude d’Anthenaise, Directeur du Musée de la Chasse et de la Nature, Paris
Wyne and roses, Synchromes, exposition de dessins, Galerie SynopsisM, Lausanne

2009
Tant et Temps de réflexions (Opus 2), School Gallery Paris
Tant et temps de réflexions, Galerie SynopsisM, Lausanne (Suisse)
Fête des Lumières de la Ville de Lyon
Projet Ville de Lyon, Quai du Rhône 3/6ème arrondissement
Love is Hall !, Galerie Georges Verney-Carron(Résonance Biennale d’art contemporain de Lyon)
Une demie seconde d’éternité au FRAC Languedoc-Roussillon (Montpellier)
Acquisition d’œuvres par le FRAC Languedoc-Roussillon

2008
La Nuit Blanche, Amiens
Champ de Gare, Art en l’Isle 2008, résidence d’artiste pour la Ville d’e L’Isle d’Abeau, intervention éphémère dans l’espace Jeune création contemporaine, Toulon
International Art Show / Foire d’Art contemporain de Cannes, Hôtel Carlton, représenté par la Galerie Synopsism, Lausanne (Suisse)
Poézies, Centre d’Art du Forez, Feurs

2007
Printemps Français en Lettonie à l’Académie des Beaux-Arts de Riga
Design Night of Tallinn, la Grande Mouette présentée en Estonie dans le cadre de « Art and Light in Tallinn ».
Deupatosaurus à Art 45, galerie Georges Verney-Carron, Biennale d’art contemporain de Lyon
Alice & Peter, mythologies de l’enfance au Centre d’art contemporain de l’Yonne
Que sommes-nous devenus ? au Théâtre d’Auxerre
Poézies à la galerie Sainte-Catherine, Rodez – Mission Départementale de la Culture de l’Aveyron.
Poènes La Menuiserie, Rodez

 2006
So ist das Leben (Diachromes et poézies), galerie Georges Verney-Carron, Villeurbanne.
r du large (pose de l’œuvre), commande publique pour la Ville de Saint-Etienne.
Diachromes, Synchrome & Poézies au Centre d’Art La Halle, Pont en Royans
Festival des jardins de rues de la Ville de Lyon, Esplanade du bachut, Lyon 8ème
Projet Lampyre Voltaire (intervention quartier Voltaire à Lyon 3ème) résidence de la Fête des Lumières, Ville de Lyon. Parcours lumineux (Superflux Yon), La Roche sur Yon, galerie Roger Tator

2005
Poézie (mise en place du programme artistique Diachromes Synchromes et Poézies).

Texts

Ma Léda, ma chère Léda

Julie Estève, décembre 2010

C’est l’Histoire d’une légende mythologique si fertile qu’elle excita l’imaginaire et les mains des artistes depuis l’Antiquité. Léda et le Cygne raconte l’irrévérencieuse union ebntre une femme et un oiseau, entre la beauté et le pouvoir, entre l’épouse de Tyndare et puis le dieu des dieux alors métamorphosé en cygne pour la séduire : Zeus. Selon certaines versions, le croisement fut un viol, selon d’autres une étreinte sensuelle, à peine quelques caresses, quelques battements d’ailes. Ghyslain Bertholon traverse le mythe, s’enfonce dans ses troubles et fait un remake vénérien de la belle et la bête à tête de sexe.

Et ça ressemble à l’amour. Un cygne blanc et puis deux cœurs, démesurés, posés là, au sol, comme un paysage de trophées. L’un est couleur ivoire et l’autre couleur charbon, brûlé, consumé. Alors, seul le désir s’amène, irrépressible, et bondit de l’animal, de son bec turgide, gonflé, incandescent. Alors, seul le petit nerf de chair, à vif, roux d’ardeur et ceinturé par un bracelet de force, de ceux que l’on peut voir trainer parfois aux poignets des adolescents ; se tend et ne s’arrêtera jamais de se tendre. On dirait un petit diable qui s’acharne à sortir de sa boîte, un dragon sur un corps de canard, une chimère libidinale. Et tout à coup, Zeus est un clown, une aberration sexuelle, un simple coq sur un ring de fièvre. A côté de lui, sur ces cœurs en désaccord qui ne battent plus, embaumés de laque, toutes les artères et les tissus graisseux, les reliefs et les vaines passions s’aiguisent. Car derrière les vernis, les maquillages, se cachent toujours les cicatrices et le souvenir des sentiments. Et voilà un autre oiseau aquatique qui plonge, à pique, cul par-dessus tête, dans les eaux troubles ou profondes de l’existence. Il est maintenant à l’envers du monde. Et c’est une bête à la mer en somme et c’est idiot car une bouée de sauvetage l’a piégée. Et la cabriole, et la galipette dessinent sur les visages des sourires, encore.

Et ça ressemble à la mort. Des crânes, par paquets, en pagaille, agglutinés comme des diptères sur un autre, plus grand, plus fort, font rougir la citation biblique tirée de l’Ecclésiastique : « Vanités des vanités, tout est vanité. » Pour dire l’impermanence et la fragilité de la vie, pour écorcher les agitations de l’homme pour les joies, les biens terrestres, pour le pouvoir et les richesses, Bertholon choisit l’outrance des formes, l’hypertrophie visuelle. Ses extravagances sont des gros plans, des excès, des collisions. Alors on se cogne dans les dessous de l’ironie de Ghyslain, lorsque des mouches se posent clandestinement sur des fruits, si défendus, lorsque la petite bête s’épingle comme un bijou, une broche, sur l’origine du monde. Et le sexe des femmes, ici vierge de tout poil, est comme un appel au cri, au crime. La tentation se révèle profonde, irrésistible, trop humaine peut être. Enfin, accrochés en vignette, comme des cartes postales mémorielles et un panorama iconographiques de l’érotisme, s’alignent les versions passées de Léda et le Cygne d’après Boucher, Cézanne, Dalí, ou Da Vinci, entre autres. Glanées dans le flux des images du net, les toiles des maîtres pixellisées s’amusent avec le remix de Bertholon. Et nous aussi on s’amuse comme on se tord dans les poésies excessives de Ghyslain car elles embrassent les passions, celle de l’absurde et puis celle des sentiments. « Amuser les autres est une des façons les plus émouvantes d’exister. »

Julie Estève, décembre 2011

L’attrape temps

François Barré, 2006

Comment être au monde un artiste sans imposer une subjectivité toujours incertaine, faite d’épanchements et du constant souci de soi ? Comment y être objectivement sans déroger à la conviction que l’artiste est debout, en éveil et qu’il doit voir et alerter ? Comment n’être pas de ceux qui veulent paraître vite, hument l’air du temps, suivent les courants, et cependant croient résister ? Ghyslain Bertholon s’est posé toutes ces questions avec méthode et humour.  La méthode se partage entre les plaisirs oulipiens et de sévères protocoles, convoquant à la fois Queneau et Opalka, affirmant que la règle c’est le jeu et que le temps d’une vie peut faire une œuvre.

Dans ce cheminement qui conduit un jeune homme à l’idée d’inventer son chemin, Ghyslain Bertholon s’est très vite imaginé en vigie, haut perché, solitaire et solidaire, placé là pour annoncer les terres promises autant que les récifs. Ce fut sans doute le premier choix. Etre artiste et vivre au milieu de ses contemporains, n’est-ce pas, dans le même « temps » partager une conscience de l’appartenance collective et affirmer une singularité ;  n’est-ce pas être avec et en dehors, au milieu de tous les siens, ses semblables et radicalement différent , synchrone et diachrone ? Cet écart, cette trace, palindrome du double jeu, n’est pas un leurre ou une tromperie mais l’affirmation contraire d’une responsabilité assumée. Le protocole du travail de Bertholon appelé Synchrome/Diachrome n’est là que pour régir cette conscience vertigineuse d’être avec tous les autres dans l’absorption des flots d’images déversées par la télévision et de savoir au milieu de ce tumulte  se tourner soudain, à la minute dite, à la seconde annoncée vers une personne élue -ami, artiste, complice ou maître- et arrêter le temps, arrêt sur image, extraction chirurgicale du hasard et de la nécessité. Une règle imposée n’aurait qu’une valeur normative sans grande importance si elle n’était le fourreau d’un trait aigu et d’un talent  éclatant.  Ghyslain Bertholon nous donne à voir, dans cette double pratique de journal du monde et de colloque singulier, une œuvre forte de transcription du multiple et de recapturation de l’unique. Mais cette image soudain mythifiée est comme un carottage, l’expression de notre unicité immergée, de notre quête de l’autre au milieu de tous les autres.

Comment exprimer tout cela qui est grave sans jouer les pontifes et les déclamateurs ? Avec une distance chaleureuse qui est celle de l’humour et du goût de vivre. L’autoportrait par lequel Ghyslain Bertholon se glisse dans le célèbre tableau de Dürer porte une inscription du maître : Moi Albert Dürer, me représentais moi-même ainsi avec des couleurs durables à l’âge de 28 ans… ». On a souvent insisté sur la ressemblance entre le visage de Dürer et celui du Christ. Ghyslain ne prétend pas à cela mais réalise cette œuvre à trente-trois ans, âge fatal et inscrit presque subrepticement son propre portrait avec des couleurs qu’il a choisies « non durables ». Le contre-pied ne manque pas de sens dans cette mise en cause de la pérennité par un artiste qui travaille sur le temps tout en affirmant la validité de ce qui s’efface. Serait-ce une écologie de l’art qui rejetterait à la fois la menue monnaie de l’actualité que dénonçait Walter Benjamin et les postures d’éternité ?

Les poézies et autres œuvres présentées recourent au vocabulaire iconographique et aux modèles publicitaires d’énonciation positive pour décaler le réel et le donner à voir dans ses travers et ses détournements symboliques. Mais cette saine entreprise d’hygiène de la vision, toujours pertinente dans ses objectifs et ses révélations, prend un tour amusé et sait dire le vrai sans jamais prétendre à la vérité. Les mécanismes de ce dévoilement créent l’étrangeté par la disjonction des temps et des genres ; l’enfant y perd son babil et l’animal ses élans. L’adulte retrouve les vêtements rêvés de l’enfance toujours éveillée (Que sommes-nous devenus ?) ; le bambin  des  trois livres d’enfant (Comment réussir ?) est projeté vers l’emploi adulte et ses injonctions infantilisantes et réductrices ; l’animal gambadant est figé en troché de corps verlan et y perd la face, à moins qu’il ne soit cisaillé par une cloison ou l’adjonction de quelque siège à ressort pour faire bascule entre tête et queue. Allez savoir, dans ces glissements brutaux du plaisir, où la raison se niche quand les agneaux ont des faims de loup et les punching ball des peaux de bébé ? Ce qui est vu ici est habituellement dérobé au regard. C’est là encore une restitution/recapturation.

Ghyslain Bertholon maintient l’ordre des protocoles en sheriff vigilant assuré sur ses arrières par la présence rassurante des sirops à la menthe et la possession exhibée de son colt et de son téléphone mobile.  Les chasseurs de tête, les chasseurs tout court et vraiment très courts, les petits marquis de l’émergence et du passe-temps n’ont qu’à bien se tenir. L’histoire chemine, la vieille taupe continue de creuser ; elle aime les galeries et peut à tout moment sortir de ses pots ou de ses crassiers. On ne peut l’oublier. Elle est l’histoire ancienne, la mémoire au travail, le futur en germe. Ghyslain Bertholon avance lentement lui aussi, comptable avisé et acéré des secondes qui s’égrènent et des rêves de fraternité perdus dans les flots multicolores des canaux  et des endormissements. Il nous secoue, nous tire par la manche et  ne laisse pas filer entre nos doigts les sables des jours, les dires d’amitié, les premiers regards. Pendant une année il a inscrit chaque jour la première et la dernière phrase entendues ; non celles qu’il disait mais celles qui  lui venaient, qui faisaient parler l’autre et le construisaient en même temps, ce même temps qui nous sépare et nous soude.

Une œuvre naît.

Le temps fait son œuvre et Ghyslain Bertholon son temps.

François Barré, 2006

Press

Ghyslain Bertholon

Beaux Arts Magazine, septembre 2015

See PDF

Quand l'art reprend du poil de la bête

Beaux Arts Magazine, décembre 2014

A Gallery Gets Wider And Wackier

New York Times, septembre 2014

Ghyslain Bertholon

ELLE Décoration, décembre 2013

Ghyslain Bertholon : artiste de la vie

STEMP Magazine, mars 2013

Ghyslain Bertholon

ELLE Décoration, décembre 2013

Ghyslain Bertholon - Bêtes Off

Paperblog, mai 2012

Les arts dans l'Arche de Noé

Le Monde, février 2012

Bestiaire philosophique à la Conciergerie

Libération, février 2012

Bêtes Off

ACTU, février 2012

Arts au plus près de la source

Le Figaro, janvier 2012

Ghyslain Bertholon

France Culture, janvier 2012

Ghyslain Bertholon : l'âge bêtes

Madame Figaro, mars 2012

The Artists In Our Midst

MAP Magazine, janvier 2012

Ghyslain Bertholon

Architectural Digest, mai 2011

Une taupe géante à l'hôtel de Sully

Le Parisien, avril 2011

Ghyslain Bertholon : Wildbrett

Umlaut, 2011

Ma Léda : Ghyslain Bertholon

Figaroscope

La Fondation Francès toujours plus ``Enragés``

Libération, septembre 2010

Poézies zhumaines

Utopia, 2010

Fondation Francès à Senlis

Côté Paris, août 2010