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The Birthday Party

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The Birthday Party, 2007

serie of 55 photographies 60 x 48 cm  (24 x 20 inc.) édition 10 + 2 AP 90 x 72 cm (36 x 29 inc.) édition 8 + 2 AP 120 x 96 cm (47 x 38 inc.) édition 6 + 2 AP

On devine que le jour de cette fête d’anniversaire, le temps était humide, moite. La couleur de l’arrière-plan, celle d’un poste de télévision bloqué sur une chaine désaffectée, rajoute à l’anxiété. Cette fête est comme une miniature de la vie réelle. Les adultes sont habitués à cette appréhension de rentrer dans une pièce remplie de gens qui s’amusent, mais les enfants n’ont pas encore ce réflexe et leurs fêtes peuvent devenir des compétitions qui créent rapidement des meneurs et des suiveurs, où trop en faire peut rapidement devenir dangereux « and showing off can have serious fallout ». Il est clair que les interactions d’enfants rassemblés pour célébrer l’un d’entre eux produisent rarement les effets escomptés par leurs parents.

L’intemporalité de ces portraits est essentielle. Souvent, la photographie rappelle le passé, et c’est certainement le cas ici. Les couleurs délavées sont celles de cartes postales de bord de mer ou de photos du XIXème siècle, reprises à la main. La direction artistique rappelle les années 40 et le style aristocratique des années 30. Les références aux arlequins et aux clowns évoquent le travail des photographes itinérants en Europe et aux Etats-Unis au début du XXème siècle, qui immortalisaient les professions péripatétiques des artistes de cirque et de toutes les curiosités qu’on croisait dans cet univers. On retrouve même l’influence de l’élégance des années 50. Toutefois, ce qui frappe davantage que les références au passé, c’est cette ambiance apocalyptique et dystopique tout droit issue de films comme Blade Runner, Delicatessen, Les Fils de l’Homme ou encore Mad Max. Les enfants semblent être les survivants d’un monde anéanti, et soumis à un nouveau mode de vie difficile.

Ces enfants apparaissent d’autant plus lugubres et esseulés qu’ils n’interagissent nullement entre eux. Même les jumeaux, l’un à côté de l’autre tels deux oiseaux solitaires, sont perdus dans leur monde intérieur, indifférents au côté saisissant de cette photo, qui fait ressortir davantage leur dissemblance que leur ressemblance.

Au plan métaphorique, Speers utilise l’enfance sur un arrière-plan de fête imaginaire pour mettre à jour des inquiétudes inhérentes à la société actuelle, en situation de menace permanente, comme l’illustrent le terrorisme et la réaction des grandes puissances à ce dernier. On se demande où tout cela pourrait bien nous mener, et ce qu’il resterait du monde à l’issue de cette guerre du XXIème siècle d’un nouveau genre. Dans une moindre mesure, Speers est parvenue à chorégraphier des personnages qui apportent un regard allégorique sur les petites batailles de la vie quotidienne, en apprenant à adopter différents masques grâce au théâtre. A cela, ajoutons la dimension autobiographique, qui fait ressortir des idiomes plus symboliques et qui fait référence à la particularité de la famille de Vee Speers, à sa façon de s’échapper de ce monde de manière ludique à travers ces jeux de déguisement, depuis son plus jeune âge en Australie. Speers s’intéresse à la différence et l’ambivalence contenues dans les notions de jeu et de spectacle. Peut-être à son insue, met-elle au goût du jour de manière picturale les vers du poète anglais William Wordsworth (1770-1850) dans son Ode on Intimations of Immortality from Recollections of Early Childhood : « The little actor cons another part; Filling from time to time his ’humorous stage’ With all the Persons, down to palsied Age, That life brings with her in her equipage; As if his whole vocation Were endless imitation.”

Extrait du texte de Susan Bright

immediacy of Vee Speers’ imagery is overwhelming. Faces look directly at the viewer creating a quietly dramatic tension urging a reaction from the viewer. Speers earlier work in a series entitled ‘Bordello’ constructed elaborate filmic interiors of fantasy. Her new series, ‘The Birthday Party’ still presents us with a façade of fantasy but with a pared down aesthetic that amplifies the visual intensity through its simplicity. These portraits of children confront us with reminders of our own childhood, whereby a homemade costume can transform you into a superhero, princess, cowboy or soldier, poised for adventures and hours of fun and excitement. The escapes that these worlds of play can provide disclose the underlying realities of the modern world, wrought with conflict and violence. Child psychologists use observation of play to decipher underlying traumas and issues that a child may be experiencing. Looking at these photographs, Speers strikes a chord within us to trigger our own concerns in relation to today’s paranoid society. The emotive responses to her work divulge more about the viewer than the viewed.

by Laura Noble, Eyemazing.
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