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CORÉE DU NORD III – REAL PORTRAITIK #4

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Cette série de photographie sera dévoilée pour la première fois à l’occasion de Paris Photo à l'automne 2018.

Bienvenue en Corée du Nord, pays le plus fermé du monde … un sujet d’une actualité brûlante alors que se joue un bras de fer nucléaire entre Kim Jong-un et Donald Trump et qu'un rapprochement historique entre les deux Corées s'initie.

Alors que les photographes professionnels y sont normalement interdits de séjour, Stephan Gladieu a pu réaliser en 2017, mais toujours sous surveillance, des portraits au Pays de Kim Jong-un. Malgré l'omniprésence de la propagande, il pose un regard très personnel et d’une grande humanité sur les habitants de ce pays.

De la banalité du quotidien en Corée du Nord, Stephan Gladieu a su capturer la quintessence de la dimension idéologique et sociétale d’un des pays les plus fermés au monde. Dans chaque scène même la plus anodine affleure la puissance de l’interdit, transparait le non dit, chaque décor constitue le fragment d’une histoire sous contrôle, codifié, rend visible et palpable la propagande … un univers Orwellien d’un autre âge et d’une inquiétante étrangeté.

Ou est la vie, ou s’arrête le décor …

Des images qui fascinent par leur côté irréel, trop lisse pour correspondre à la réalité ou plus exactement à notre réalité, d’une exécution parfaite comme nettoyée de toute imperfection, trop lisse pour ne pas créer le malaise chez le regardeur.

Dans un pays qui compte 25 millions d’individus, où le comportement est étroitement contrôlé, le photographe a su faire émerger l'individualité dans des scènes de rues ou sur les lieux de travail. Les décors s’apparentent à ceux d’un film ou d’une pièce de théâtre tant ils sont « parfaits », avec le plus souvent en arrière plan des images de propagandes ou le portrait du guide suprême seul autorisé à être visible.

Pris seul, chaque portrait pourrait s’apparenter à une propagande édulcorée de ce régime dictatorial. Considérées dans leur ensemble, ces images ont une uniformité troublante. Gladieu considère que la subversion est dans cette répétition même.

Ici, le virtuel est le réel ne forment qu’un, on est face à une réalité humaine sans commune mesure avec tout ce que l’on connaît. L’utopie communautaire qui fut un moteur idéologique du XXe siècle trouve là son aboutissement : ici tout n’est que spectacle, un simple spectacle.

Portraitiste hors norme, il livre cette série et nous invite à découvrir des clichés haut en couleurs, aux confins de la peinture de genre et du surréalisme. Chaque portrait est une ode à la couleur, chaque visage un hymne a l’étrangeté, chaque décor une théâtre naturaliste. L’ensemble compose une féérie multicolore, où le kitch et le suranné, tenue de travailleur ou costume militaire le dispute à l’étrangeté des décors à la manière d’images d’Epinal re-colorisées comme pour leur redonner vie.

Ses portraits ont la force de rendre compte avec une infinie justesse, de cette réalité augmentée, ou chaque individu est à la fois acteur et spectateur, là ou la réalité nie l’individu, Gladieu réussi à leur redonner un peu d’humanité.

Il y a du Douanier Rousseau mâtiné de Martin Parr dans les dernières photographies de Gladieu.

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