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Hereros Real Portraitik #1, Namibie

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Hereros, Real Portraitik #1, Namibie, 2017

Stéphan Gladieu a écumé le globe pour aller à la rencontre d’histoires singulières et nous rapporter des témoignages exceptionnels, des damnés du sel aux veuves de la Cité de Krishna, des Amérindiens aux tribus Maï Maï… Son humanité et son œil exceptionnels, nourris par sa trajectoire de grand reporter, lui permettent de saisir, comme personne, l’étrangeté de la fête annuelle commémorative du peuple Herero.

Portraitiste hors norme, il livre cette série consacrée aux descendants des Hereros, ethnie Namibienne au destin aussi tragique que méconnu, et nous invite à découvrir un rassemblement haut en couleurs, aux confins de la peinture de genre et du surréalisme. Chaque portrait est une ode à la couleur, chaque visage un hymne à la vie, chaque décor une féérie naturaliste.

Ses photographies composent une galerie de portraits, en pied ou photos de groupe, tous vêtus pour la parade. Les hommes portent habits militaires et décorations, enjolivés de grigris, de peaux de bêtes et d’attributs de chasseurs émérites, les femmes arborent des robes arlequins, rouge ou bleu flamboyants ou aux couleurs de l’arc-en-ciel, rehaussées de coiffes de style victorien…L’ensemble compose une féérie multicolore, où le kitch le dispute à l’excentrique, à la manière des sapeurs africains adeptes du «no limit»,quand l’habit devient un art.

Dans ces portraits de Stéphan Gladieu en Namibie, l’enchantement et la fantaisie absolue bruissent de l’énergie communicative et vibrante de l’Afrique, où tragédie et comédie, apparence et vérité, sujet et décor, coexistent dans chaque image, comme dans des tableaux.

Il y a du Douanier Rousseau mâtiné de Martin Parr dans les dernières photographies de Gladieu.

Stéphan Gladieu repousse les limites de la photo documentaire et de reportage pour la faire entrer dans le champ de la fiction et lui conférer une dimension plasticienne quasi picturale.

Son sens inouï de la dramaturgie de l’image et de la mise en scène lui permet de se réapproprier des décors naturels pour en faire autant de lieux de narration. Ses clichés sur-vitaminés, qui font l’ADN de l’ensemble de ses dernières séries, contrastent avec le côté sombre et inquiétant de certaines de ses productions noir et blanc, réalisées du temps de ses reportages comme photographe de guerre et d’actualité.   

Au-delà des images, il y a du sens, du respect et une extrême humanité devant ces drames qui se rejouent et se commémorent ... travail de mémoire, travail de témoignage.  Gladieu détricote l’histoire pour rendre compte de tragédies humaines plus fortes que la raison, plus romanesques que la fiction, plus puissantes que la réalité.

Ses portraits ont la puissance du jamais vu et la force de rendre compte avec une infinie justesse, de ces destins oubliés ou méconnus.

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