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La prochaine fois elles te montreront du doigt l’amour II

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La School Gallery présentait sa première exposition personnelle en 2011.  C’est également à lui que revenait les honneurs d’inaugurer le nouvel espace de la galerie dans le Haut Marais ... Cinq ans plus tard, Raphaël se consacre plus que jamais à sa pratique du dessin et sa maîtrise s’affirme avec des noirs plus veloutés, plus sereins, toujours plus denses. Toujours ce clair obscur et cette lumière qui irradient la noirceur de la nuit, la noirceur de l’abîme … la noirceur de l’âme parfois aussi.

Cette série de dessins réalisée tout au long de l’année 2018, s’inscrit dans la lignée de ses précédentes narrations en les renouvelant par l’intensité dramatique qui embrase la feuille, par la temporalité de certaines scènes qui rappellent étrangement l’actualité … guérilla urbaine dans laquelle ce sont les enfants, et eux seuls, qui mènent le bal.

Les éléments du décor sont plantés, épaisseur de la nuit, où seuls les cimes enneigées se dessinent à la lueur d’un feu d’artifice qui illumine le ciel, épaisseur du brouillard qui envahit l’intégralité de la feuille… où une petite fille seule, abandonnée sur sa barque, semble figée dans un avant-après … à chaque regardeur d’écrire sa propre histoire …

Ici une jeune fille assise au bord d’une fontaine semble comme en lévitation dans le halo de lumière qui émane des vasques … autant d’instantanés d’histoires inachevées.

Raphaël est un conteur à l’imaginaire infini, un conteur qui avec sa pierre noire fait jaillir la lumière … l’éblouissement du contraste cher à Soulages ou à Longo, se retrouve ici dans une dimension plus modeste certes, mais avec des formats plus propices à l’intime. Comme ses illustres aînés, avec du noir il dessine la neige ou la surface immaculée d’une tasse de lait, il dessine par soustraction en envahissant littéralement l’espace de sa feuille pour faire surgir le blanc, recouvrement total ou partiel du noir dans une maïeutique  obsessionnelle qui pourrait s’apparenter à un mantra.

L’illusion est parfaite tant l’instantané photographique fonctionne … il faut s’approcher pour entrer dans l’alchimie du dessin, deviner le grain de la pierre noire, distinguer le geste précis et incisif qui inlassablement donne chair à chaque histoire. Avec Raphaël «la nuit est sublime» comme le disait Kant, insondable abîme de l’âme, métaphore de nos tourments et de nos rêveries.

Olivier Castaing

Directeur artistique

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