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Panoramique polyphonique – Tapisserie d’Aubusson

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Panoramique Polyphonique


Tapisserie sonore

GRAND PRIX 2011
Cité Internationale de la Tapisserie d'aubusson
Collection Fonds régional pour la création de tapisseries contemporaines

dimensions de la tapisserie : 2,20 de haut par  7 m de longueur
surface totale de la tapisserie : 15,40 m2
carton de tapisserie : tirage photo réalisé à partir d’un fichier numérique JPG. 200 DPI . 65 Mo.
type de tissage : manuel, technique traditionnelle type de fils : coton, laine, soie, fils bambou, blanc, noir, dégradés de gris, et blanc et bleus photo-luminescents tissage : tapisserie visible au recto et au verso. finesse du tissage précision des dégradés.

La tapisserie PANORAMIQUE POLYPHONIQUE réalisée en 2012/2013 par lʼATELIER A2 dʼ AUBUSSON dans le cadre de l’appel à projet Cité Internationale de la Tapisserie d’Aubusson, s’inscrit dans le prolongement des oeuvres précédentes de Cécile Le Talec : sculptures, installations, instruments et dispositifs sonores.

LE PROJET

Après avoir effectué de nombreuses recherches (historiques et artistiques) sur les spécificités de la tapisserie d’Aubusson, j’ai immédiatement réalisé que celles-ci entretenaient un rapport étroit avec la musique, tant au niveau des représentations (musiciens, oiseaux, mille fleurs) qu’au niveau de leur fabrication.

ÉQUIVALENCES & TRANSCRIPTIONS

Les correspondances formelles et techniques entre les gestes liés à l’interprétation du musicien ou du lissier sont très proches, voir parfois similaires. D’autre part le vocabulaire est aussi, quelques fois, identique (trame, partition, chant, flûte, accords...). Le musicien interprète une partition musicale selon une écriture graphique, tandis que le lissier interprète une «partition-image», les portées sont écrites ou colorées ... Dans un cas comme dans l’autre, les interprètes accordent les sons et les images. Ces deux formes de transcription nous renvoient à l’immatérialité de la musique et de l’image projetée. Le métier à tisser est à la harpe, ce que l’archet est à la corde.

LE MOTIF

De nombreuses tapisseries représentent des musiciens, des oiseaux, elles évoquent la musique en ombre. La mélodie constitue un environnement constant afin de projeter le spectateur dans un espace céleste, harmonique et hors du temps. Les paysages dans lesquels les «figures» s’inscrivent sont représentés en arrière plan et souvent de façon schématique (montagnes, collines, rochers). J’ai remarqué que ces paysages ressemblaient aux spectrogrammes sonores obtenus par analyse numérique des fréquences. Ainsi, j’ai décidé de m’attarder sur ces formes «spectrales» de l’arrièreplan comme représentation d’un environnement sonore et musical. Puisque la parole, la voix, le chant, la musique «habitent» les tapisseries sans pour autant être audibles, j’ai souhaité que ce paysage d’accompagnement (sorte de choeur) constitue l’image principale et unique de la représentation. Ce qui est alors donné à voir, sous la forme d’une montagne panoramique, n’est autre que la forme du son...

LA MUSIQUE

Afin de «fabriquer» ce paysage sonore, j’ai enregistré des chants d’oiseaux, visibles de manière récurrente dans les tapisseries (rossignol, mésange, merle, colombe...) ainsi que des paroles sifflées, afin de constituer un échantillonnage de mélodies pour la réalisation d’ une composition sonore et musicale. Cette maquette sonore a ensuite été analysée numériquement afin de créer un spectrogramme sonore. Celui-ci prend la forme d’un paysage montagneux. Ce dessin produit par les ondes et les fréquences sonores des sifflements, incarne la dimension cachée du chant des oiseaux et rend visible l’immatérialité de la musique. Le son du chant des oiseaux n’est pas seulement évoqué et suggéré mais monumentalisé. L’image du paysage sonore constitue l’essentiel et l’unique objet de la représentation. 3Ce paysage panoramique se déploie sur plusieurs mètres afin de «projeter» le spectateur dans la monumentalité d’un environnement sonore et visible. Le paysage incarne et matérialise une mélodie universelle : la parole des oiseaux. La musique est traduite en image, le lissier en est son interprète silencieux.

LA TAPISSERIE ET L’ARCHITECTURE

Dans le cadre de mes recherches, j’ai pu constater que les tapisseries avaient à l’origine plusieurs fonctions : une fonction de protection thermique, une fonction de «représentation» sociale, une fonction «décorative»... Les tapisseries pouvaient se déplacer et entretenaient un rapport très étroit avec l’architecture dans laquelle elles s’installaient (dimensions, proportions, formes) et parfois aussi cloisonnaient et partitionnaient l’espace. Leurs formes souples leur permettaient d’être roulées et déplacées. Les tapisseries pourraient être définies comme des formes d’architectures nomades, elles contiennent la promesse de leur déplacement... Les tapisseries sont aussi des formes d’architectures souples et enveloppantes, elles sont garantes d’une intimité préservée lors des déplacements et des changements de domiciles. Tapis et tapisseries renvoient au déménagements, ces objets- tableaux-architectures représentent l’idée d’ une résidence perpétuelle qui colle au corps. Les tapisseries suspendues dans les «intérieurs» enveloppent les corps, les protègent tout en les projetant dans un univers lointain. Elles proposent un voyage immobile... les figures : personnages et animaux renvoient à des récits où tous les sens sont convoqués... C’est pourquoi j’ai choisi de présenter le projet de tapisserie panoramique sous la forme d’un dispositif architectural conçu aux proportions du corps. Les dix mètre cubes de cette architecture correspondent exactement aux dix mètres cubes de l’espace vital minimum de référence par personne nécessaire à l’homme, (cellule monastique, espace de méditation, cellule d’astronaute...) Le spectateur est invité à pénétrer à

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