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The Light has always been there

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Dans la série « The Light has always been there », chaque ensemble révélé est le fruit de centaines d’images. Dans ce projet colossal, ces photographies sont une représentation du réel dans un temps dilaté. L’acte photographique s’en trouve totalement renouvelé. Entre véracité et imaginaire, construites au présent à partir d’éléments du passé, ces œuvres composites nous interrogent sur le futur de l’humanité, à l’ère de l’anthropocène. 

J’ai entrepris une exploration de la base de données Google Earth sur les plateaux neigeux de l’arctique et de l’antarctique, exploration romantique d’un territoire « vierge » et, pour peu de temps encore, n’appartenant à personne. D’un point de vue photographique, ces inlandsis sont un matériel insaisissable du fait de la très forte réverbération. Sur les pôles et malgré la base d’images inouïe de Google Earth, 95% de cette visualisation est floue, voire inexistante. Ces espaces poétiques apparaissent de manière aléatoire. Véritables pépites observables à différents temps (entre 2008-2018), elles n’ont pour le moment ni fonction ni utilité, n’étant reliées à aucune coordonnée précise. 

Le temps, la lumière et la mémoire sont les grands axes qui régissent mon travail depuis dix ans. Entre la peinture abstraite, la précision documentaire et l’image 3D, ces compositions au rendu hyperréaliste invitent le spectateur à un moment de méditation, d’admiration devant la nature ou le vide (rappelant certaines estampes japonaises). Ce vide qui, comme dans la pensée chinoise, a cette fonction essentielle de conceptualiser l’univers. Mois zen qu’il n’en parait, griffures, marques et cicatrices sont autant de stigmates d’un changement d’état imminent et d’un conflit territorial à venir.

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