';

X-Ray

Recommend
  • Facebook
  • Twitter
  • Google +
Share
X-RAY  

Collection de 16 photos - Lambda Ultra Brillant 90 x 120 cm en édition de 7 + 2 EA / Boite lumineuse Fujitrans 53,5 x 70 cm en édition de 3 + 1 EA 

C’est tout vu, tout de suite, pas de censure : elles déshabillent ! Il suffit de les enfiler, de les poser sur un coin de nez, pour qu’elles gomment par miracle, ce qui fait obstacle à la peau nue, les morceaux de tissu. Chemisier de coton, pantalon en tweed, robe en soie, manteau de fourrure, soutien-gorge, culotte, slip : disparus ! Et alors on découvre sous les dessous, des seins et des fesses à l’air. Elles sont magiques. Elles sont mythiques, les lunettes pour voir sans être vu, le devant, le derrière et puis tout ce que l’on veut. Sacha Golberger s’amuse avec le fantasme dans sa nouvelle série X Ray Vision.

À travers seize tableaux photographiques, il raconte une histoire de désirs et de regards, dans une Amérique reconstituée et imaginaire des années soixante. Voyeurs, voyeuses, habitent un décor où se mêlent les références et les arts, une peinture de Edward Hopper avec un épisode des Mad Men. On leur a donné une maison d’architecte, une voiture iconique, des sacs et des accessoires, des costumes, une élégance vintage, et un rôle à tenir.

Qu’il tonde la pelouse, la Pontiac vert kaki garée dans l’allée, qu’elle promène son enfant dans un landau à grandes roues dans la rue, qu’elle ouvre sa boîte aux lettres, qu’il parte travailler, qu’il arrose le gazon, qu’elle attende une amie, un taxi, quelque chose dans sa vie, qu’elle fasse un tour à vélo, qu’elle soit au bureau, qu’ils pique-niquent dans un parc, qu’il répare sa Mustang, qu’ils squattent la salle d’eau, qu’elle rêvasse, qu’elle s’imagine dans un autre pays ou à une autre époque et dans les bras d’un autre type, personne ici ne se regarde en face. Un désir court après un désir sans que les deux ne se rencontrent jamais. On mate. Dans son coin. On profite, un homme d’une belle poitrine. Une femme d’un beau cul.

En réalisateur, Sacha Golberger choisit les lieux, dirige les acteurs, touche aux lumières, s’attache aux cadres, aux détails, mais laisse toujours au spectateur qui se frotte à ses mondes, le plaisir de terminer son histoire. Avec X Ray Vision, il prend l’exact contre pied de sa précédente série, Secret Eden, dans laquelle il mettait en scène l’éros par ellipses, dans un jeu de cache-cache. Il montre là, au grand jour, les désirs impatients. Pas d’attente ici, mais pas mal d’humour dans ces déshabillages très chics aux rayons X !

Julie Estève

Info