Dystopia
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Les Enfants Terribles
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Botanica
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Bordello
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Thirteen
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Immortal
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Bulletproof
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Birthday Party
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Bio

Artiste australienne, 1962

Collections

Sir Elton John Collection, UK
Morten Viskum Collection, Vestfossen Kunstlaboratorium, Oslo
Hoffman Collection, USA
Joaquim Paiva Collection/ Museum of Modern Art, Rio de Janeiro, Brazil
Alan Seigel, New York, USA
Michael Wilson Collection, UK
DZ Bank, Germany
George Eastman House, New York, USA
Museum of Fine Arts, Houston, USA
Museum 21C, Louisville, Kentucky, USA
Lawrence Wheeler Collection , Director of the North Carolina Museum of Art. USA
Ed Bazinet Private Collection, Atlanta, USA
Clerici Collection, Italy

Expositions personnelles

2014
Bulletproof, School Gallery / Olivier Castaing, Paris

2012-2014
FNAC Spain (Bilbao, Barcelona, Madrid, Alicante, Sevilla, Zaragoza, Valencia), The Birthday Party, touring exhibition

2012
The Little Black Gallery, UK, The Birthday Party
Getxophoto Festival, Spain, The Birthday Party
Gallery Fahey Klein, LA, Retrospective

2011
Galerie Huit, Arles, Bordello and Parisians
Acte2 Galerie, Paris, Immortal
Nordic Lights, Norway Photographic Festival
FEPN Festival, Arles, Bordello
Jackson Fine Art, Atlanta, Immortal

2010
Atelier Jungwirth, Graz, The Birthday Party
Fotografiska Museum, The Birthday Party

2009
Fotofest, Houston. International Discoveries
Acte2 Gallery, Paris, The Birthday Party
Jackson Fine Art, Atlanta, USA, The Birthday Party

2008-2009
21C Museum, Kentucky Louisville,

2008
Singapore International Photography Festival
Gallery Anita Beckers, Frankfurt, The Birthday Party
The Photographers’ Gallery, London, The Birthday Party

2007
LIPF Photographic Festival, Lianzhou, China, Awarded second prize
Byron McMahon Gallery, Sydney, The Birthday Party
Sirius Arts Centre, Cork County, Ireland, The Birthday Party

2006
Sandra Byron Gallery, Sydney, Bordello and Parisians
La Galerie du Passage, Paris, Parisians and Bordello

2004
Photography Festival in Tunisia – ‘Rencontres de Ghar El Melh’ – exhibition of Parisians. Animation of workshops for children in collaboration with Agfa

2002
Past Rays Gallery, Yokohama, Japan. Bordello
Ken Damy Gallery, Brescia, Italy. Bordello

Expositions collectives

2014
Paris Photo, Grand Palais, stand School Gallery / Olivier Castaing

2013
Paris Photo, Grand Palais, stand School Gallery / Olivier Castaing

2009
Au Feminin100 Women Photographing Women, Centre Culturel Calouste Gulbenkian

2007
Otherlands. Rhubarb Rhubarb Festival, Birmingham, UK
Madame La Presidente’. Rencontres d’Arles
Objectif Feminin. Australian Embassy in Paris. The Birthday Party

2006
The Portrait. The Photographers’ Gallery, London
The Body Familiar: Current Perspectives of the Nude, Griffin Museum of Photography, Boston, janvier – mars

2005
The Photographers’ Gallery, London
Women Photographing Women. Stephanie Hoppen Gallery, London

2004
The Photographers’ Gallery. Summer Show, London

Foires

2012
AIPAD, Jackson Fine Art

2011
ART MIAMI, Jackson Fine Art
PARIS PHOTO, The Photographers’ Gallery
AIPAD, Jackson Fine Art

2010
ART PARIS, Gallery Acte2

2009
Art MIAMI, Gallery Anita Beckers
SHOW OFF, Paris, Acte2 Gallery
PARIS PHOTO, The Photographers’ Gallery
ART MIAMI, Gallery Anita Beckers
ART PARIS, Acte2 Gallery
ART CHICAGO, Gallery Anita Beckers

2008
ART BOLOGNE, Galerie Anita Beckers
ART MIAMI, Gallery Anita Beckers
PARIS PHOTO, Jackson Fine Art, Atlanta
ART FORUM, Berlin, Gallery Anita Beckers
SCOPE HAMPTONS, Mendes Wood
SCOPE BASEL, Mendes Wood
PULSE NYC, Gallery Anita Beckers
SCOPE NYC, Leo Bahia Contemporary Art
MACO, Mexico, Leo Bahia Contemporary Art
AIPAD, Jackson Fine Art

2007
ART CHICAGO, Gallery Anita Beckers, Frankfurt
PULSE LONDON, Leo Bahia
Contemporary Art, Brazil Contemporary Art, Brazil
PARIS PHOTO, The Photographers’ Gallery, London
SCOPE MIAMI, Leo Bahia Contemporary Art, Brazil
SCOPE HAMPTONS, Leo Bahia Contemporary Art, Brazil
AIPAD, Sandra Byron, Sydney

2006
AIPAD, Sandra Byron, Sydney

Presse et publications

Photo+  South Korea, Cover story Thirteen
Réponses Photo, France, Special Edition, Immortal
Fotomagazin, Germany, Cover story Immortal
PHOTO, France, Portfolio Immortal
FRENCH Magazine, November 2011
Images Magazine, November 2011
Fotografi Norway, Cover story The Birthday Party
PUBLIC ART, South Korea, Cover story Immortal, 2011
Palace, France, Immortal
ZOOM, Cover Story, November 2010
Public Art, South Korea, Bordello
EXIT,  Spain, The Birthday Party
PUBLIC ART South Korea, Cover story The Birthday Party
Swedish Photo, Cover Story The Birthday Party
BG Magazine, Ecuador, Bordello
ZOOM, Italy, The Birthday Party
BLOOM, The Birthday Party, 2008
ARTE AL LIMITE, Santiago, The Birthday Party
Russian Photo and Video, Cover Story, The Birthday Party
Art Investor Magazine, Germany, The Birthday Party
SHOTS UK, The Birthday Party
Milk Magazine, France, The Birthday PartyPhotomagazine, Romania, Bordello
IMAGES, France, Cover story, The Birthday Party, 2008
British Journal of Photography, Cover story, The Birthday Party, 2007
EYEMAZING, 12 page feature, The Birthday Party
Shots, USA, Cover story, 2006
Palace, Bordello, 2006
GQ Italy, Bordello, August 2006
Black and White, USA, Parisians & Bordello, Spring 2006
The New Nude Magazine, Bordello, April 2006
FotoMagazin Germany, Bordello, December 2005
Arena, UK, Bordello, October, 2005
Sunday Times, UK, Cover story Bordello, August 14, 2005
Harpers + Queen, UK, Bordello, August 2005
Apollo Magazine, UK, Bordello, September 2005
BLUE #58, Australia, Parisians, August 2005
Black+ White #62, Australia, Bordello, August 2002
Nippon Keiza Shinbun, Japan, Bordello, September 2002
Asahi Camera, Japan, Bordello, September 2002

Livres

THE BIRTHDAY PARTY, Dewi Lewis Publishing, UK, October 2008, forward by Susan Bright
BORDELLO, EARBooks, Germany, forward by   Karl Lagerfeld, June 2006
BORDELLO, Periplus, London, 2004

Texts

Dystopia

Julie Estève

Elle tient une glace ovale. Elle se regarde dedans : son reflet est sa tombe. Du lierre a grimpé sur ses bras, partout, sur sa robe en entier. Seule la chute de son dos reste vierge. Oui, là, juste ici, la peau a l’air douce, rose encore, bien vivante. L’épreuve du miroir est un ricochet cruel, un jour vient le dernier rebond.

Une femme est bandée d’un tissu blanc. Sanglée. Le costume devient une cage, une prison. C’est une momie. C’est peut-être une esclave aux yeux clos. Une nuée de papillons s’agite au-dessus d’elle. On dirait que les phalènes l’emportent, qu’elle vole, qu’elle en oublie son corps, et la vie, et la terre. Sa fugue est immobile. Son évasion intérieure. Spirituelle. A-t-elle des visions ?

Elle est habillée de noir pareil qu’un grand corbeau. Elle a des gants en cotte de mailles. Ses ongles : des griffes de fer. Ses cheveux : en l’air. Elle ressemble à un danger, à une créature dans les fables.

Il porte une jupe longue et grise. Ses muscles débordent d’un bustier à lacets. Il tient des éventails de lames en feu. Sur sa bouche, il a posé un trait de rouge. Ses yeux sont plantés droits sur sa cible.

Les personnages de Vee Speers sont des héros, des chamanes, des combattants qui semblent invincibles. On dirait qu’ils débarquent d’une folie, d’un cirque, d’un poème. D’un lointain passé ou bien du futur. Qu’ils arrivent d’une mythologie nouvelle, d’un Tim Burton, d’un Mad Max. L’artiste australienne coiffe, habille, masque. Elle déguise aussi les couleurs. À la manière des films noir et blanc qu’on colorise, elle donne à ses portraits des teintes où le temps n’a plus de date. Collier d’os et de dents, ailes en métal, tête de cheval, serpe, sécateur, membres en bois : elle arme sa bande, pile à l’heure pour la grande bataille. Coincés dans des mondes déglingués, ils sont contraints de se battre.

Vee Speers invente sa dystopie et parle à bout portant de notre époque contaminée par les violences et les guerres barbares. Les inquiétudes, les troubles, toutes les peurs de l’existence traversent comme des flèches les corps de ces hommes et de ces femmes qui ne ressemblent à rien d’autre qu’à eux-mêmes. Pas d’identité fixe, pas de genre déterminé. Chez Vee Speers, on est viril et féminin en même temps. On s’augmente. On se retouche. On est ce que l’on veut. On devient ce que l’on rêve : libres.

Car c’est bien de cela dont parle l’artiste. De liberté. Même si les soleils sont froids, même si la fête est morte, même si l’effroi : la liberté. L’indocilité. Avec ses cheveux à l’iroquoise et ses seins coniques, ça se voit tout de suite, elle est rebelle. Dans sa jupe bouffante et salopée par la terre, on l’imagine, la fille, traîner dehors, prendre les armes, ne jamais se soumettre. Malgré des chaînes aux poignets, malgré les entraves, non, ne jamais se soumettre.

Et c’est la fin peut-être. D’un cycle tout du moins. Vee Speers clos une histoire commencée il y a dix ans. Une histoire avec ce mur blanc crème où elle photographia des enfants (série Birthday party), puis six ans plus tard, toujours ses enfants pris au cœur de leur adolescence (série Bulletproof). Dystopia est le dernier acte de cette si belle histoire. L’acmé même.

Transmission

Natascha Wolinsky

Les photographies de Vee Speers suscitent la surprise et l’émerveillement.

Dans la série de neuf diptyques qu’elle présente aujourd’hui, l’artiste australienne manifeste sa capacité à raconter des histoires en images dont la force poétique transcende les cultures et les frontières. Une jolie fée envoie à son prince charmant une caresse papillon. Une Pénélope tire son Ulysse par la maille. Deux sirènes mêlent leurs rêves et leur chevelure, tandis que deux poupées de carton font la ronde. Dix-hui inconnus font ainsi la paire devant nos yeux. Ils se sourient, s’écoutent, se répondent en écho, mais n’en conservent pas moins leur singularité et leur espace de résonance.

Ces diptyques sont nés de l’engagement de la société Pernod Ricard pour l’art contemporain. Chaque année, cette entreprise commande à un artiste de renom une série d’images pour illustrer son rapport annuel. Chaque campagne illustre une thématique forte de l’année du Groupe et met en lumière des collaborateurs venus pour l’occasion du monde entier. En 2014, alors que Pernod Ricard s’apprête à changer de gouvernance, le thème de la transmission s’est imposé. C’est ainsi que dix-huit collaborateurs qui ne parlent pas la même

langue, ne partagent pas la même culture, mais œuvrent dans le même groupe, ont, le temps d’une séance photo, laissé libre cours à leur fantaisie, incarnant tout à la fois les valeurs de leur entreprise et les chimères d’une créatrice.

Drôles, gais, émouvants, chaleureux, enjoués, les duos d’images de Vee Speers sont chargés d’une énergie particulière. Mais derrière leur apparente légèreté, ces diptyques portent une charge profonde. Ils évoquent des affinités secrètes, des complicités immédiates, des liens tissés par delà les différences, des dialogues sans paroles. Ils exposent ce qui se passe dans le cadre et racontent ce qui advient hors du cadre, lorsque des êtres humains se rencontrent pour la première fois et partagent une expérience intense de création. Au miroir de l’autre, l’art, décidément, est une belle façon de s’engager pour une humanité réconciliée.

About The birthday party

Vee Speers

The Birthday Party is a series of short stories linked by the thread of an imaginary birthday party. This is an anarchistic world which belongs only to children. There are no adults to give orders, and the children rule.
I photographed my youngest daughter and her friends in different outfits inspired by an imaginary party, using the washed out colour pallet and strange costumes to create a timeless quality. The children stare openly at the camera, but very little is revealed of themselves. In contradiction to ‘the happiest days of our lives’, I reveal a side of childhood that is not care-free or clichéd, projecting a range of emotions and definitions which are part of an imperfect world.
I used the imaginary birthday party backdrop to address both our collective human experience of war and our need to retreat from it into fantasy.  We are exposed to fear and anxiety in our daily lives, and this has become an underlying part of our society, omnipresent. The Birthday Party is punctuated with symbols of war and sees the characters responding on different levels, striking a chord within us to trigger our own concerns in relation to today’s paranoid society.

Vee Speers

Vee Speers

Julie Estève, septembre 2013

Un jeune marin au torse nu les mains dans les poches d’un pantalon blanc. Sa peau est lisse, pâle, parfaite. Le nez est droit, les lèvres rosées. Les cheveux sont noirs, forts, courts sous le chapeau. Il regarde vers l’Est ; la vie devant lui. Sa beauté est incompréhensible, sublime car elle ne va durer qu’un instant. Quelques mois, quelques jours peut-être.

Vee Speers fixe ça, la beauté fragile de l’adolescence. Elle photographie le temps d’avant le premier deuil, celui de l’enfance. Elle attrape ça, dans les corps, dans les visages. Et elle crée un monde sur un monde. Des personnages sur des enfants qui n’en sont plus. Elle habille, coiffe, costume, masque parfois. Et les grands gamins et les fières gamines qui sont passés entre ses mains, sont projetés, ailleurs. Dans leur bataille, leur pudeur, leur trouble. Tous, toutes ont cette effroyable puissante. Pas de faiblesse dans leur être, aucune vulnérabilité dans les postures, les peaux, les regards.

Vee Speers leur fournit les armes pour leur guerre, un pistolet, une hache, un couteau de boucher, des mains en cornes de buffle, n’importe quoi, des casques de tranchées, un costume de torero pour mettre à mort. Et elle fabrique plus qu’une image, un portrait comme un souvenir de leur passage ici, là, sur la terre. Elle les prépare, les équipe, les augmente. Car eux

doivent se battre, se défendre. Contre tout. Les géants et les fous, contre une société belliqueuse emmêlée de souffrances, contre la misère et la haine des hommes. Ils doivent aussi se débattre bien sûr, ces garçons, ces filles avec leurs monstres intérieurs, les sentiments qui explosent ou volent en éclat.

Il y a de l’épique dans l’adolescence, de l’excès, du romantisme. Absolument. On dirait qu’ils viennent de loin les jeunes de Vee Speers, d’autre part, qu’ils arrivent d’un futur mythologique, d’un passé déglingué ou bien l’inverse, peu importe. Car « c’est une bien triste mémoire que celle qui ne fonctionne qu’à rebours » (Lewis Carroll). Alors oui, on dirait qu’ils viennent d’une pagaille, d’une folie, d’un cirque et d’un poème. Mad Max, Alice et Peter Pan ou Delicatessen se promènent en eux comme l’imaginaire de la photographe australienne. Et Vee Speers repasse dessus, donne à ses portraits les teintes des films en noir et blanc que l’on colorise. Des couleurs sans temps comme des touches d’immortalité. Vee Speers déguise même les couleurs.

Il y a cette fille qui porte une robe blanche avec des volants en bas, un truc de môme. Son regard est surnous, redoutable. Autour de son cou est posé un faon. Et Bambi est mort. Elle l’a tué d’un coup de boomerang en bois d’un autre siècle. Mais elle le garde sur elle, sontrophée, son animal d’enfant. Ses tâches de rousseur autour du nez, sous les yeux, par centaines, ses cheveux d’argent en chignon, attachés en arrière, ça lui fait du mystère, de l’autorité, de l’inquiétante étrangeté. Elle est plus forte que tout. Elle terrasse. Et la fille à la robe candide et au regard noir nous précipite chez les Frères Grimm. Parce que les contes sont toujours cruels.

Il y a la bouchère avec son masque de cochon. Clin d’œil et langue tirée. Elle a son tablier et sa hachette attachée à la ceinture. C’est un clown, une farce, un éternel sourire glacé, glaçant. C’est une revanche. Les masques sont des mascarades, des écrans sur lesquels se jettent la peur, la mort ou l’anarchie. Et la bouchère se marre de son effet, de son coup. Chacun, chacune dans son genre et son costume est invincible. Chacun, chacune tient les reines, dictent les règles. Tout à fait.

Et cette bande de héros, d’héroïnes, pour certains,certaines, Vee Speers les a déjà photographiés, déjà mis en scène, sur ce même mur blanc crème, 6 ans auparavant, lorsque les adolescents n’étaient que des enfants. Des enfants sortis d’une fête d’anniversaire,dans des habillements de petit corbeau, de danseur en tutu de fillette, de boxeur blessé et glorieux, de tueuse de poupée. Déjà forts ces gamins, déjà louches, sauvages,déjà beaux, terribles. Avant / Après, les choses ont changé, bougé dans les corps, plus longs, plus grands.Dans les visages aussi qui s’affinent, se transforment. Vee Speers a enregistré ça. Elle a emmené ça vers des territoires imaginaires, des terrains de jeux, des curiosités, des lieux où ses petits et ses grands personnages seront, quoi qu’il arrive, armés et gagnants.

Texte de Julie Estève, septembre 2013 

À propos de la série Birthday Party

Susan Bright

On devine que le jour de cette fête d’anniversaire, le temps était humide, moite. La couleur de l’arrière-plan, celle d’un poste de télévision bloqué sur une chaîne désaffectée, rajoute à l’anxiété. Cette fête est comme une miniature de la vie réelle. Les adultes sont habitués à cette appréhension de rentrer dans une pièce remplie de gens qui s’amusent, mais les enfants n’ont pas encore ce réflexe et leurs fêtes peuvent devenir des compétitions qui créent rapidement des meneurs et des suiveurs, où trop en faire peut rapidement devenir dangereux « and showing off can have serious fallout ». Il est clair que les interactions d’enfants rassemblés pour célébrer l’un d’entre eux produisent rarement les effets escomptés par leurs parents.

L’intemporalité de ces portraits est essentielle.Souvent, la photographie rappelle le passé, et c’est certainement le cas ici. Les couleurs délavées sont celles de cartes postales de bord de mer ou de photos du XIXème siècle, reprises à la main. La direction artistique rappelle les années 40 et le style aristocratique des années 30. Les références aux arlequins et aux clowns évoquent le travail des photographes itinérants en Europe et aux Etats-Unis au début du XXème siècle, qui immortalisaient les professions péripatétiques des artistes de cirque et de toutes les curiosités qu’on croisait dans cet univers. On retrouve même l’influence de l’élégance des années 50. Toutefois, ce qui frappe davantage que les références au passé, c’est cette ambiance apocalyptique et dystopique tout droit issue de films comme Blade Runner, Delicatessen, Les Fils de l’Homme ou encore Mad Max. Les enfants semblent être les survivants d’un monde anéanti, et soumis à un nouveau mode de vie difficile.

Ces enfants apparaissent d’autant plus lugubres et esseulés qu’ils n’interagissent nullement entre eux. Même les jumeaux, l’un à côté de l’autre tels deux oiseaux solitaires, sont perdus dans leur monde intérieur, indifférents au côté saisissant de cette photo, qui fait ressortir davantage leur dissemblance que leur ressemblance.

Au plan métaphorique, Speers utilise l’enfance sur un arrière-plan de fête imaginaire pour mettre à jour des inquiétudes inhérentes à la société actuelle, en situation de menace permanente, comme l’illustrent le terrorisme et la réaction des grandes puissances à ce dernier. On se demande où tout cela pourrait biennous mener, et ce qu’il resterait du monde à l’issue de cette guerre du XXIème siècle d’un nouveau genre.Dans une moindre mesure, Speers est parvenue à chorégraphier des personnages qui apportent un regard allégorique sur les petites batailles de la vie quotidienne, en apprenant à adopter différents masques grâce au théâtre. A cela, ajoutons la dimension autobiographique, qui fait ressortir des idiomes plus symboliques et qui fait référence à la particularité de la famille de Vee Speers, à sa façon de s’échapper de ce monde de manière ludique à travers ces jeux de déguisement, depuis son plus jeune âge en Australie. Speers s’intéresse à la différence et l’ambivalence contenues dans les notions de jeu et de spectacle.Peut-être à son insue, met-elle au goût du jour de manière picturale les vers du poète anglais William Wordsworth (1770-1850) dans son Ode on Intimations of Immortality from Recollections of Early Childhood : « The little actor cons another part; Filling from time to time his ’humorous stage’ With all the Persons, down to palsied Age, That life brings with her in her equipage; As if his whole vocation Were endless imitation.”

Extrait du texte de Susan Bright

Bordello : the art of seduction

The romantic decadence of Paris nightlife in the 1920s and 30s (eternalized most famously, perhaps, by the photographs of Brassai) comes to life afresh in this series of sensuous photos shot on location in former bordellos where the lavish decors have survived intact.

Vee Speers, an Australian fine-art photographer who has lived near the infamous Rue St. Denis red-light district in Paris for 14 years, has created edgy photos that play with seduction, sensuality and femininity.

“From my window I can see the girls waiting downstairs in the doorways, and it has always fascinated me how these women display their bodies up and down the street like gaudy trinkets in a second-hand shop,“ says Speers.

“Although I created my own interpretation from historical references and old images, I primarily wanted to use the idea as a gateway to something more profound.

« The art of seduction fascinates me. I love the game — you can dress yourself up and act out a role, and that sets you free to create your own stories, your own mysteries. And it gives you power. I tried to capture all that when I photographed these women, none of whom are models, as such.

“It was also very important to me to reproduce my photographs for this series using a hand-rendered Fresson charcoal process which gives a more authentic, painterly quality to the images.”

Press

La vérité sort de la bouche des enfants

Télérama, août 2013

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Immortal : Im Niemansland Der Jugend

Fotomagazin, 2012

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Vee Speers

French Revue, novembre 2011

Clever Girl (featured)

The New Yorker, juin 2011

Paysages de nature d'adolescents

Photo Magazine, 2011

Vee Speers

Public Art (China), mars 2011

Vee Speers

Public Art (China), juillet 2010

Vee Speers : Immortal

Zoom, 2010

FotoFest Find : Vee Speers

Papercity, janvier 2010

Sérieux anniversaire

Libération, mars 2009

Bal déguisé

Milk Magazine, 2009

An Imaginative Garden Party

BLOOM Magazine, mars 2009

Party In Pastell

PhotoInternational, mars 2009

Vee Speers : Maskerad

FOTO (Sweden), mars 2009

Vee Speers - Bordello

Highlights Magazine

Vee Speers - Masks

Hey!

Vee Speers - Bordello

Australian

Kid's Play

British Journal Of Photography, 2007

Bordello

G.I.P. Tokyo, 2002