Musée des Beaux Arts, Buenos Aires
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Pour qui… les honneurs
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Expositions muséales
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Marbre
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Dessins sur papier
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Bio

Plasticienne franco-argentine, née en 1936
Vit et travaille à Buenos Aires & Paris
Figure incontournable de la scène artistique sud américaine, Marie Orensanz est entrée dans les collections du MNAM / Centre Pompidou, à l’occasion de son exposition personnelle à la School Gallery en janvier / février 2009

Formation

1955/60
Atelier Emilio Pettorutti (école analytique abstraite)

1960/62
Atelier Antonio Segui (école expressionniste figurative)

1962/64
Voyages et études en Europe et aux Etats Unis

Collections

CNAM Centre Pompidou
Fond National d’Art Contemporain, Paris, France
Bibliothèque Nationale de Paris, France
Fondation Camille, Paris, France
Centre de Documentation d’Art Actuel, Barcelone, Espagne
Maison du livre, de l’image et du son, Ville de Villeurbanne, France
Musée de Bremen, Allemagne
Centre fur Kunst, Vaduz, Liechtenstein
Musée Latino-Americain, Martinique
Ville de Saint Ouen, art dans la ville
Fond National des Arts, Buenos Aires
Musée National des Beaux Arts, Buenos Aires
Musée d’Art Moderne, Buenos AiresCollection Banco Velox, Buenos AiresMusée d’Art Contemporain, Buenos Aires
CAYC. Buenos Aires
Centre d’Art Contemporain, Rosario
Centre de Multimédia INT/ernational, San Pablo, Brésil

Expositions personnelles (sélection)

2015
1975 > 2015  40 ans de réflexion, School Gallery / Olivier Castaing, Paris

2012
Sicardi Gallery, Houston, (USA) solo show
School Gallery Paris, solo show
MOCA (Musée d’art Contemporain Latino Américain), Los Angeles (commissariat Andrea Giunta & Cécilia Fajardo Hills)

2010
« Tout ce qui se voit et tout ce qui est caché », Maison de l’Amérique latine, Paris

2009
« … pour qui ? … les honneurs …. », School Gallery Paris
Art Club, Off de la Biennale de Lyon

2008
Musée d’Art Moderne de Buenos Aires, Argentine
Musée Caraffa – Cordoba, Argentine
« Fragmentismo »Galerie Argentine, Ambassade d’Argentine, Paris

2007
« Marie Orensanz Retrospectiva 1963 / 2007 »
Musée d’Art Moderne de Buenos Aires
« … parlons … » Musée d’Art Contemporain de Rosario, Argentine

2005
« Différentes formes… et une même pensée », Complexe culturel de Santa Cruz, Rio Gallegos

2003
« En attendant le nouveau printemps », Musée des Beaux Arts, Buenos Aires, Argentine
« Variations sur un même thème », Musée Castagnino, Rosario, Argentine

2002
« pour qui ? … les honneurs », musée national des Beaux Arts, Buenos Aires, Argentine

2000
Galerie Dinners, Bogota, Colombie
Galerie Ruth Benzacar, Buenos Aires, Argentine

1999
Musée d’Art Moderne, Buenos Aires, Argentine

1998
« Les feuilles de la vie », musée national des Beaux Arts, Buenos Aires, Argentine
Galerie Evelyne Guichard. La Côte-Saint-André
« Le Temps du Regard », peintures et dessins, CHB de l’Hôpital Paul Brousse, Villejuif

1997
La Vènerie, Bruxelles, Belgique 1996
Galerie Romagny, Paris
ARTEBA, galerie Ruth Benzacar, Buenos Aires, Argentine
Biennale de Pontevedra,
Espagne, Commissaire Christine Frérot
Foire Saint Hubert, Belgique, Galerie Evelyne Guichard

1995
« Transferts », présentation de Christine Frérot, Maison de l’Amérique Latine, Paris
Sculptures, centre culturel de Montrouge
« Femmes Ibéro-américaines », Junta de l’Extremadure, Espagne
« Rojas Mix », Espagne
« Espace-Temps » ICI, Buenos Aires, Argentine. Texte de Carlos Izcovich

1994
« Papiers pliés », galerie Franka Berndt, Paris
« Où va le chemin » , centre culturel Recoleta, Buenos Aires, Argentine

1993 / 1994
Galerie Art/Espace, Thonon-les-Bains

1993
Galerie Clave, Las Mercedes, Caracas, Venezuela

1992
Galerie « Entre-Temps », La Roche-sur-Yon
Galerie « La Tour des Cardinaux », l’Ile-sur-la Sorgue

1991
Galerie in rer Wendelinskapelle, Marbach, R.F.A
Galerie Rivage, Douai
Galerie Flak, Paris
Sculpture monumentale, lycée du Blanc-Mesnil (Architectes : P Chemetov et B. Huidobro)
Sélectionnée par le Conseil Régional de Franche Comté pour un projet monumental, Besançon

Expositions collectives (sélection)

2015
Proportio, Palazzo Fortuny, Biennale di Venezia

2014
No(s) Drawings, Group show, School Gallery, Paris
YIA Artfair, stand School Gallery

2013
No(s) Drawings, Group show, School Gallery, Paris

2012
MOCA, The museum of Contemporary Art, Los Angeles, (USA) group show

2011
Sculptures’Elles, Musée des années 30, Boulogne-Billancourt, commissaire Anne Rivière
Off FIAC, School Gallery, Cité de la Mode & du Design, Paris
Cabinet des dessins, acquisitions récentes, Beaubourg, Centre Pompidou, Paris

2010
Salon du dessin contemporain, Carroussel du Louvre, School Gallery, Paris
Vente artcurial, Palais de Tokyo au profit de FRM (Fondation pour la Recherche Médicale)
«elles@centrepompidou», présentation de 3 œuvres sur papier Cabinet des dessins, collection
Mnam Centre Pompidou
Armory show, « le langage des fleurs », CRG Gallery, New York

2009
Art Paris , Grand Palais, School Gallery, Paris
« White else ? » – Group show, School Gallery
Show Off, Port des Champs Elysées, School Gallery, Paris
« In beetween », Château musée de Nemours
Kronometry, Off de la Biennale de Lyon

2008
Musée d’Art Moderne de Buenos Aires, Argentine
Musée Caraffa – Cordoba, Argentine
ARTE BA – Galerie Ruth Benzacar Buenos Aires,
« Fragmentismo » Galerie Argentine – juillet / août, Ambassade d’Argentine, Paris
« Casa Argentina » octobre, Paris
« Paris Buenos Aires en colectivo » Museo de Arte Tigre, Argentine

2007
Projet « Patagonie », 1ère Biennale de la Fin du Monde, Ushuaia,Terre de Feu
« Un monde de tentations », Musée d’Art contemporain, Rosario, Argentine
XCVI Salon Nation des Arts Visuels, Sales Nationales d’Exposition Palais de Glace, Argentine

2006
« Long chemin d’un rapace passionné », échanges de correspondance entre l’artiste brésilien
José Leonilson et les artistes de la collection d’Art Contemporain argentin, MACRO, musée d’art contemporain de Rosario, Rosario
« L’exposition de l’année », 4ème. Projet, Galerie Ruth Benzacar, Buenos Aires
Seconde semaine de l’Art, Musée d’Art Contemporain et musée Castagnino, Rosario, Argentine
1er concours des arts plastiques, prix Platt 2006, galerie Isidro Miranda, Buenos Aires, Argentine
Le collectif et ses voyageurs invités, Fondation Argentine, Paris
Motifs personnels, Musée d’Art Contemporain de Rosario, Argentine
51ème Salon Municipal des Arts Plastiques Manuel Belgrano, Section Sculpture, Musée Eduardo Sivori, BuenosAires

2005
« Living Room », La Rebeca, Bogota, Colombie
Julio Macro : symboles, héros et histoire nationale dans la représentation contemporaine, Musée d’Art Contemporain de Rosario
2ème édition de « la condesa sangrienta » de Alejandra Pizarnik, Centre Culturel Recoleta, Buenos Aires
Prix Fondation Aerolineas Argentinas, Centre culturel Borges, Buenos Aires

2004
« Métamorphose du livre » Bibliothèque Forney, Paris
« Objet & représentation », musée d’Art Juan Carlos Castagnino, Mar del Plata, Argentine
« Le Salon d’Automne salue les Amériques : Artistes des Amériques autour d’Edouard Glissant », Collection du Musée Latino-Americain, Martinique, Espace Charenton, Paris
« Tropical table party », Centre d’Art Santa Monica, Barcelone, Espagne

2003
« L’Art à 20 balles ! » Galerie des Grands Bains Douches de la Plaine, Marseille
Le crayon du maître, arteBA, Buenos Aires
La Rural, Buenos Aires « Etudes Ouvertes Retiro», anciens magasins Harrods, Buenos Aires
« Résonnances, nature morte », in « Arte al Plato », Centre Culturel Recoleta, Buenos Aires
Observatoire de l’Argentine contemporaine, Sénat de Paris, Paris

2002
Galerie Ruth Benzacar
Néo-Objet, FILO, Espace d’Art, Buenos Aires
Art et Politique dans les années 60, Palais de Glace, Buenos Aires
2de Biennale Internationale d’Art de Buenos Aires, Musée National des Beaux Arts, Buenos Aires
« Las camitas », Centre Culturel Recoleta, Buenos Aires

2000 / 2004
Foire ARCO, galerie Ruth Benzacar, Madrid, Espagne

1999
« Espace Electra », Paris
FIAC Paris, galerie Ruth Benzacar, Paris
Foire ARCO, galerie Ruth Benzacar, Madrid, Espagne

1998
« Tournez la page », La Venerie, Bruxelles, Belgique
« Images de l’Argentine, Analogies », Sélection de Irma Arestizabal, Santillana del Mar, Espagne
Livres d’Artistes, Institut des Arts graphiques d’Oaxaca Mexique
« Réalignement de la vision : courants alternatifs dans le dessin sud-américain », Musée de Monterrey, Mexique
Exposition Latino-américaine. Maison des Amériques, Washington, Etats-Unis
«Des livres et nous. », centre du livre d’Artiste Contemporain Eglise Notre Dame, Mondataire
Foire du livre, théâtre de l’Odéon, galerie Caroline Corre, Paris

1997
Prix Costantini, Musée National des Beaux Arts, Buenos Aires, Argentine
« Réalignement de la vision : Courants alternatifs dans le dessin Sud-Americain », musée national des Beaux Arts, Caracas, Venezuela
Exposition à la fondation Camille, Epinay

Prix

2010
Mise en place de la sculpture monumentale du Parc de la Memoria, Buenos Aires, Argentine « Penser est un fait révolutionnaire », (600x400x50 cm)

2009
Lauréate du concours pour le monument en hommage aux mères de la place de mai, Mar del plata, Argentine « les racines sont féminines »

2002
Prix Konex, Buenos, Aires, Argentine

2001
Sélectionnée pour le concours Puerto Madero et la fondation ArteBa
Construction installation « Para quien. ?… suenan las campana (« Pour qui . ?.. les honneurs »), Buenos Aires, Argentine
1er Prix Banco Cuidad, acquisition « de qué lado ?…sopla el viento… (de quel côté ?… souffle le vent)

2000
Prix Arlequin ternada. Exposition de l’année, Buenos Aires, Argentine

1999
Prix Leonardo à l’artiste de l’année, Musée National des Beaux Arts Buenos Aires, Argentine
Sélectionnée pour le concours Parc National de la Memoire BuenAires, pour réaliser la sculpture : « Pensar es un hecho revolucionario » (« Penser est un fait révolutionnaire »)

1994
3ème prix Fondation Fortabat, Maison de l’Amerique Latine, Paris

1983
Bourse à la recherche du ministère de la culture, Paris

1980
Prix « Cube d’acier 3 » Association Argentine de critiques d’art
Le dessin en Argentine 2. Buenos Aires, Argentine

1972
Prix Francisco Romero 2ème sélectionnée, bourse d’un an pour l’Italie

1968
Prix mention Dessin dans le prix Braque, Buenos Aires, Argentine

1964
Prix à un artiste étranger au Salon des Femmes Peintres, Paris

1963
Prix Pio Collivadino, Salon National Buenos Aires, Argentine, Mention
Salon Hebraica, Buenos Aires, Argentine

Texts

À propos de Marie Orensanz

Marie Dedieu, 1982

Qui  sommes-nous ?
Où allons-nous ?
D’où venons-nous ?

Les fragments  de marbre de Marie Orensanz, dans leur blancheur lisse, vibrent de ces questions. Pris dans  l’épaisseur d’un bloc ou fins comme une feuille, la rupture, la cassure y son visibles, brutes et mates, rugueuses. Un mot en surgit, une syllabe, un fragment de dessin.  C’est de là que naît le  sens, de cette séparation- d’avec la matière, avec le monde, avec les autres-, qui, en même temps, permet la mise en rapport, et l’activité. C’est ce que formalise  Marie Orensanz  par de mots, des signes, une mathématique, plus métaphoriques qu’abstrait, qui suggèrent une nouvelle circulation des énergies, des forces. Il ne s’agit pas de maîtriser la matière, de lui imposer sa forme (M.O. ne taille pas, ne grave pas se marbres), mais de se  situer, de transformer, par l’exercice et  l’inscription de la pensée.

Marie Dedieu, 1982, Galerie des Femmes, Paris

Marie Orensanz

Gladys C. Fabre, avril 1987

… Rigueur et maîtrise prennent apparence d’une architecture rationnelle, alors qu’elles n’aspirent et n’obéissent en fait qu’à l’exigence de coller au plus près de l’intuition. Ainsi s’instaure une lecture polysémique émotive, ouverte, où le prime abord bascule, se transforme en autre chose ou son contraire. Le marbre blanc de Carrare soigneusement poli , les tiges métalliques or ou argent, l’abstraction géométrique,  les symboles mathématiques ou physiques , fond référence à un monde sublimé qui relie son travail à la statuaire classique tout autant qu’au suprématisme en passant par un idéalisme néo-platonicien. Or les certitudes s’effritent au regard attentif : le marbre antique n’es plus seulement ce noble support des icônes  théogoniques, ce vide immaculé, diaphane, marqué par l’écriture, ni même l’expression symbolique  d’un désir d’éternité et de transcendance ; il aussi fragment veiné du vivant, morceau de terre…

Gladys C. Fabre, avril 1987

In volution ... solo show de Marie Orensanz

Julie Estève, 2012

Marie Orensanz, plasticienne franco-argentine née en 1936, est l’une des figures incontournables de la scène artistique sud américaine de ces 40 dernières années. Son œuvre fait partie de nombreuses collections internationales. Et à l’occasion de son exposition personnelle à la School Gallery en janvier / février 2009, elle est aussi entrée dans celles du MNAM / Centre Pompidou.

Le monde et l’âme s’emmêlent dans des plissements et des replis éternels. Et de ce serpent sans fin, de ce labyrinthe inexhaustible, Marie Orensanz en extrait des moments, des parcelles. Sur des blocs de marbre de Carrare ou sur des feuilles de papier, elle trouve entre les veines et les vides de la matière, un espace pour se glisser, pour écrire, pour penser.

Le marbre et le papier. Il existe entre eux, malgré leur apparente distance, des points d’appui, des points d’accord. Tout deux portent la noblesse, la résistance, le poids de l’art ou la finesse de l’esprit et cette si grande fragilité aussi. Car il arrive que les pages se froissent, brûlent ou se déchirent et que les pierres se brisent, tombent, se fissurent. Alors, Marie Orensanz leur confie des choses. Des choses de la vie, les petites et puis les plus grandes. Elle invente sur leur peau des paysages à la frontière du sensible et du concept. Elle inscrit sur leur corps, des fragments de conscience, marque des points d’inflexion, des ouvertures et des bifurcations, des inachèvements et des phrases en suspens où seuls quelques mots, parfois, imposent leur sève. Les messages de Marie sont des lieux de rencontre, des rendez-vous. Ils ressemblent à une géométrie affective dans laquelle on trouve, des flèches, des virgules, des lignes parallèles ou en pointillées, des tangentes, des repos, des virages, des croix, des chiffres et quelques fois des taches de couleurs, des fleurs vénéneuses, de minuscules voitures brisées en deux et de tout petits hommes, à pied ou à vélo. Ça parle d’amour, du temps qui passe, du temps qui vient, des routes que l’on prend pour se perdre, des désordres, des révoltes et de toutes les circulations. Ça parle de courage, de violence, d’accidents et de liberté. Ça parle de transformation, d’incertitude et de fraternité. Ça parle de la nature, du respect, de la mémoire. Ça dit le mouvement et les grandes questions du monde. Ça s’intéresse aux gens, au vivant.

Avec sa sémiotique imaginaire, pleine de signes et de pictogrammes, Marie Orensanz construit des chemins de traverse, des raccourcis vers l’esprit, vers le cœur. Et toute son œuvre ressemble à une cartographie de points de vue mobiles et de perspectives libres. Elle esquisse, à la manière d’un architecte du sensible, des plans poétiques et des concepts à emporter. Elle dessine des formules à l’allure mathématique qui intègrent les inconnues et les espaces vierges, secrets. Marie montre des aperçus, des extraits d’âme dont la narration est emmêlée d’absences, d’errances et d’agitation soudaine.

Sur les feuilles de papiers, elle crée des collines, des hasards, des embuches. Elle met du relief, des rondeurs, des cimes. Et le voyage se fait dans les pliures, formelles et intérieures. Et on passe dedans pour aller contre l’idée d’une immobilité définitive et d’une conclusion programmée. Marie Orensanz enveloppe dans ses territoires, d’autres territoires, des accès, des impasses, des sens, propres et figurés. Dans ses œuvres, la vie passe comme une expédition qui semble ne finir jamais, la route où l’on va droit s’égarant toujours.

Et puisque l’horizon fixe plusieurs directions, avec ses morceaux de marbre, elle dresse une jungle laiteuse, une ville qui s’allonge dans la hauteur. Nerveuse, brillante et hystérique. Et de ces gratte-ciels nacrés et polis, on entend encore le bruit d’une pensée : défier le crépuscule en écrivant comme une caresse sur la pierre, un dialogue avec la vie et les hommes.

Julie Estève, juin 2012

Marie Orensanz

Christine Frérot, 2012

Située au fond d’une cour pittoresque  du quartier du Marais, la School Gallery a choisi de montrer quelques récents travaux de Marie Orensanz (Mar del Plata, 1936). Dans un environnement particulièrement riche en lieux prestigieux d’exposition (Le Centre Georges Pompidou, le Musée Picasso, le Musée National d’Art Juif et de nombreuses galeries comme Yvon Lambert, Xippas, Karsten Greve, Marian Goodman ou Chantal Crousel), cette jeune galerie très dynamique (elle expose le brésilien Julio Villani, également installé à Paris) présente un travail plutôt « intimiste » où prime la qualité intemporelle d’une artiste confirmée. L’ensemble des œuvres exposées (dessins avec collages, photographies, sculptures en marbre blanc et sculpture en métal)  est presque totalement dominé par l’usage de la couleur blanche omniprésente. Un défi dans un monde de l’art très saturé d’images (souvent violentes) et de couleurs (souvent criardes).

L’univers de Marie Orensanz est tout en finesse et subtilité, le blanc, comme le noir d’ailleurs avec lequel elle a travaillé il y a plusieurs années, permettant des jeux de reflets et de contrastes (d’ombre ici et de lumière avec le noir) que seul un regard qui prend le temps de voir peut apprécier. L’artiste pose donc une question centrale, celle du temps, notion qui non seulement traverse son oeuvre, mais qui est celle aujourd’hui du savoir voir que l’on acquiert en donnant du temps au regard, sagesse qui tend à se perdre dans la toute puissance d’une temporalité dominée par la vitesse et le « zapping ». Marie Orensanz a élaboré une oeuvre conceptuelle et constructive en  associant à des matériaux divers (papier, carton, objets) la rigueur d’une réflexion sur l’espace et en introduisant l’écrit et le signe -déclinés dans un graphisme personnel- en tant qu’icônes essentiels de son discours esthétique et de sens. La constance et la cohérence intellectuelle et formelle de sa démarche artistique, le « chemin »  qu’elle suit  en travaillant à la recherche de nouveaux matériaux ou de nouvelles solutions pour ses dispositifs et ses stratégies conceptuelles, spatiales et esthétiques, constituent l’axe fort d’une œuvre qui s’interroge sur elle-même et le monde sans chercher à conquérir des territoires labourés par la médiatisation artistique globalisée. L’art de Marie Orensanz est un art de la réflexion, de la maîtrise et du geste, de l’intime et du public, du dialogue et du partage, de la fidélité à soi-même, du désir.

Intitulés « Dé-flagration, dessin et collage sur papier, 79 x 59, 5 cm, 2011) et « In-volution, tryptique, 99x204cm, 2011), les grands dessins et collages de l’entrée attestent du choix d’un nouveau recours plastique de l’artiste, celui de l’explosion des formes découpées et collées qui se lèvent partiellement de leur support dans une sorte de tourbillon contrôlé. Le bord du papier ou du papier calque est délicatement replié et l’ombre portée crée l’indispensable relief. Un délicat graphisme noir en pointillé à la plume ponctue l’espace et souligne la déconstruction, offrant au regard une « corporéité » (M. Orensanz), une « peau » plus organique et sensuelle que ses formes géométriques pures. Le flottement induit par le décollement ouvre un nouvel espace, plus aéré et le mouvement  généré par les contrastes entre ombre et lumière  établit un rapport stable-instable où perdure néanmoins un ordre après le désordre. C’est le marbre éclaté qui a inspiré les nouveaux espaces de l’artiste. « L’explosion » est pour elle une façon d’aller au-delà du cadre, métaphoriquement parlant, sans pour autant se défaire de « l’axe ». C’est à partir de cet  axe  porteur que tout s’ordonne mais aussi que tout se disperse. Jouir de la liberté d‘expression, c’est comme elle le dit, « dépasser ou se dépasser pour  faire obstacle à la domination ».

Le travail du pliage, déjà présent dans les six sculptures-totems de marbre plus anciennes (années 80-90), se retrouve dans ses dessins et confirme la cohérence d’une démarche où pensée, forme et tridimensionnalité sont inséparables.  Une sculpture récente (avant-projet monumental) (« Au-delà du temps », aiguilles d’horloge, aluminium, 40 x 30cm, 2012) doit être vue et comprise avec son ombre projetée sur le mur pour nous montrer la fragilité de nous-mêmes à travers le temps, pour que nous puissions prendre conscience du temps qui passe, de la brièveté de notre passage sur terre et donc de la dimension éphémère de toute chose. Les onze panneaux photographiques montés en frise (« Sans titre », 40x104cm c/u, 2012) sont constitués de détails de ses dessins, travail que l’artiste conçoit comme un fragment de tous les fragments requérant une lecture attentive.

Le travail de Marie Orensanz n’est donc pas gratuit. Sans être ouvertement politique, il est néanmoins traversé par une préoccupation qu’a l’artiste depuis toujours, celle de créer un lien, d’instaurer une relation avec celui qui regarde, médiations sans lesquelles son œuvre  perd tout son sens.

Christine Frérot, 2012

« Le chemin des paradoxes est le chemin de la vérité » Oscar Wilde

Flora Katz, 2008

C’est par cette voie que Marie Orensanz, figure incontournable de l’art argentin de ces 40 dernières années, a choisi d’orienter son parcours artistique. Consacrée par une rétrospective au Musée d’Art Moderne de Buenos Aires en 2007, cette artiste aux talents pluridisciplinaires a toujours eu comme préoccupation première, à travers une œuvre  où forme et matière font corps l’un avec l’autre, d’ouvrir un espace de liberté au spectateur, et ceci grâce à trois éléments essentiels qui s’interpénètrent : le dialogue, la poétique et l’étonnement.

Sculptrice avant tout, c’est sur la blancheur et la finesse exceptionnelles des marbres de Cararre qu’elle jettera son dévolu dès 1972. C’est ainsi que la pensée de Marie Orensanz se joindra à la matière, et dans une matière toujours donnée comme fragment. Par la beauté pure du fragment, qui sera théorisé comme « Fragmentismo » dès 1977 à travers un texte manifeste, Marie Orensanz matérialise l’idée que chaque être est une partie du tout, qu’il soit spatial ou temporel.

Quoi de plus révélateur de son travail sur la matière que ces petits fragments de marbres, reliés par une cordelette, sur lesquels sont inscrites, une constellation de fines lignes géométriques, de petits symboles, mots et petits animaux peints ou dessinés à l’encre et au pastel. Douceur du marbre, luminosité des parties poreuses, brillantes comme la neige, ces écritures font corps avec la matière et nous illuminent. Livres de pierre, livres de la terre, qui nous racontent l’origine de la pensée, de la nature. Ce sont en somme des livres de vie dont la rareté et la préciosité nous rappellent la valeur de cet objet, et en même temps nous évoque avec poésie cette idée que la nature est un livre… que nous n’avons qu’à ouvrir.

Cette poétique des signes et  de la matière donne naissance à une invitation onirique à travers des installations sculptures et des photographies. Une des plus récentes est l’œuvre « ..seulement… », présentée pour la première fois en 2007 au Salon des Arts Visuels du Palais des Glaces en Argentine. Un pont de bois est encastré dans un miroir, sur lequel est inscrite la phrase  « …seulement… ». De sorte que, lorsque le spectateur fait face à l’œuvre, c’est sa propre image qui se reflète en dessous de l’inscription, mais aussi le pont qui se donne alors comme passage pour aller…de l’autre côté du miroir. La référence à Lewis Caroll n’étonne point lorsqu’on considère l’ensemble des œuvre de Marie Orensanz, jouant depuis 1999 sur la polysémie des mots et le non-sens, et créant un univers poétique emprunt de réflexion, tout comme les livres de l’écrivain racontant les incroyables aventures d’Alice. C’est donc un monde parallèle de rêve, du non-sens ou de l’absurdité, que nous évoque cette installation, rappelant avec malice l’absurdité de notre propre réalité.

Que ce soit sur des plaques d’acier, un miroir, ou des photographies, les mots de Marie Orensanz vont permettre de créer un dialogue de plus en plus ouvert avec le spectateur. Son travail de photographe est des plus étonnants. Ce médium, qui souvent perd beaucoup en matière, est habilement utilisé par la sculptrice. En photographiant des objets qui font écho à des phrases, la matière surgit à nouveau et donne lieu à de formidables messages. Invitation au voyage dans la photographie « où est .. ta porte », sur laquelle une vielle clé rouillée est représentée. Mais aussi évocation de la désespérance et de la violence dans ce triptyque « toucher le fond » où des pistolets et des mains les tenants sont mis en scènes pour évoquer la confrontation brutale et mortifère. Enfin, même avec la photographie, l’artiste n’oublie pas la nature en mettant en relation une branche avec un outil de sculpteur, apposée avec le mot « ré -générer ». Oui, pour Marie Orensanz, l’homme n’est pas obligé de détruire la nature pour créer, au contraire.

Un tout nouvel élément que Marie Orensanz introduisit dans son travail fut le mouvement. Toujours dans le sens du partage, de la communication avec l’autre, pour la dernière installation « pour qui ?… les honneurs … »  permet à l’artiste d’instaurer un dialogue intime avec la personne. C’est un ensemble de 17 cloches blanches en opaline suspendues au plafond, dont chaque battant est formé d’une plaquette en inox où est gravée une phrase répondant à la question apposée sur le mur « pour qui ?… les honneurs … ». Les réponses sont ainsi : « pour ceux qui doutent » ; « pour ceux qui espèrent », « pour ceux qui acceptent » ; « pour ceux qui s’aident » etc… Chaque réponse a donc une signification différente pour la personne qui la lit, elle murmure son être, le berce et l’invite à parcourir les différentes réponses comme un écho à sa propre individualité.  Ce parcours, c’est pour Marie Orensanz « une manière d’assimiler le spectateur au mouvement créatif, à travers diverses actions : marcher, cheminer, lire, penser, réfléchir… le mouvement fait partie de notre vie, c’est une marche continue qui nous met en action, en réflexion ».

Avec l’installation « pour qui ? les honneurs… », Marie Orensanz arrive à créer une véritable relation avec chaque individu qui se laisse prendre au jeu de l’étonnement et du parcours. Plus qu’une invitation, c’est une transportation dans un univers malin qui interroge la société et amène l’autre à réfléchir avec elle et peut être ainsi, à se rendre un peu plus libre. Car l’artiste garde en elle cette croyance selon laquelle l’art peut générer non pas seulement des émotions esthétiques, mais aussi, à travers les interrogations qu’il pose, un petit bout de chemin vers la liberté.

Flora Katz, décembre 2008

Press

Le musée secret de Marie Orensanz

ARTS Magazine 2012

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Marie Orensanz : The Armory Show

New York Art Fair, 2012

Marie Orensanz : In Volution

2012

Artiste manifeste

Télérama Sortir, juillet 2010

Tout ce qui se voit et tout ce qui est caché

La Gazette Drouot, juin 2010

Marie Orensanz : esthétique du fragment

ART Aujourd'hui Hebdo 2009

Marie Orensanz - exhibition at The School Gallery

Art Nexus, 2009

Marie Orensanz - ``... pour qui ? ... les honneurs ...``

La Gazette Drouot, janvier 2009

Exposition ``... pour qui ? ... les honneurs ...``

Bulletin Culturel Argentin en France, janvier 2009