Human
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Nature Lovers II
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Bio

Née en 1967 à Uppsala, Suède
Vit et travaille à Malmö, Suède

Formation

1998 -1999
Art Academy, Malmö

1994-1998
Art Academy, Trondheim

1988 – 1991
Örebro Art School

Collections

Collection Neuflize Vie
Musée Bernadotte, Musée des Beaux Arts, Pau

Expositions personnelles

2015
Festival les Boréales, le Radar, Espace d’art Actuel, Bagneux

2013
Skepparholmen Gallery, Stockholm

2012
Galerie Dansk en partenariat avec la School Gallery, Paris

2010
Musée Bernadotte, Pau
collection Musée des Beaux Arts, ville de Pau

2008
Le spectacle aveugle, School Gallery, Paris
More og Romsdal Artcenter, Molde, Norvège

2007
Örebro Läns Museum
Peter Lav Photo Gallery Copenhague
Still Photography, Fotografins rum, Malmö Musée, Suède
Tyresö Art Gallery

2006
VIDA Artmuseum, Halltorp, Suède
Tree guys Hovalda Castle, Hässleholm
Skepparholmen, Stockholm en collaboration avec Magnus Aklundh Gallery
Tyresö Art Gallery
Galerie 54, Göteborg

2005
Tree guys, Centre Culturel Suédois, Paris

2004
Gävle Art Centre, Gävle
Centre Culturel Suédois, Paris en coproduction avec Olivier Castaing
Arendal Kunstforening, Arendal
Trøndelag Center for Contemporary Art, Trondheim
Hotel Lydmar, Andréhn-Schiptjenko Gallery, Stockholm en collaboration avec Andréhn-Schiptjenko
Ogaland Artcenter, StavangerOgaland Artcenter, Stavanger
Kalmar Art Museum, Kalmar

2003
Galerie Magnus Åklundh, Malmö
Galerie ETC, Stockholm
Galerie Dansk, Paris, commissariat d’exposition Olivier Castaing

2002
Galerie 27, Oslo

1996
Galerie Kamras, Borgholm

1995
Konstfrämjandet, Örebro

Expositions collectives

2015
Clouds, chateau de Roëlx, Mons, capitale européenne de la culture, Belgique

2014
Paris Photo, School Gallery, Grand Palais, Paris
Off FIAC, School Gallery, YIA artfair, Carreau du Temple, Paris

2013
Exposition « Nuages » au Musée Réattu, commissariat Michèle Moutashar
Paris Photo Los Angeles, School Gallery, Studio Paramount, US
Paris Photo,  School Gallery, Grand Palais, Paris

2012
Paris Photo, School Gallery, Grand Palais, Paris
ALICE im Wunderland des Kunst, Hamburger Kunsthalle, Galerie der Gegenwart, Hambourg

2011
Off FIAC, School Gallery, Cité de la mode & du Design, Paris

2010
Off FIAC, stand School Gallery, Cité de la mode & du Design, Paris

2009
Nail Soup, Peter Lav Photo Gallery, Copenhagen
Cut my legs off and call me shorty, Tensta Konsthall, Stockholm
Eye in the door, Timebandits, Kunsthallen Nikolaj, Copenhagen
Open Art, Örebro, Sweden

2009-2007
Det konstruerade rummet, Fotografi Är, vandringsutställning av CFF, Sweden
ART Paris, stand School Gallery, Grand Palais Paris

2008
Tracing love 24/7, Belgrade
CRACOW screen festival, Pologne
Small Formats, Peter Lav Gallery, Copenhagen
Portrait Gallery, School Gallery, Paris

2007
Performativt, Fotografisk Center, Copenhague
[42×60], Paris
Galerie Magnus Åklundh, Malmö, Suède

2006
ART FAB, Femmes Europe Général, Saint Tropez

2005
Nur schön reicht nicht Galerie Katia RID, Munich
Munich Rooseum, Malmö, Suède
Manipulationer, Södertälje Art Gallery, Suède
Art Fair, Stockholm

2004
Sén’Art en forêt, Paris
New Swedish Photography, Hasselblad Center, Göteborg
Iljevalchs Spring Exhibition, Stockholm
Stockholm Art Fair

2003
Cité International des Arts, Paris
Multiples, exhibition on tour, Suède
Stockholm Art Fair

2002
Galerie Magnus Åklundh, Malmö, Suède
Stockholm Art Fair

2001
Leisure Club Mogadishni, Copenhagen
Push Firma Beige Gallery, Helsinki
City Art, Outdoor exhibition, Malmö, Suède
Oslo Photo Gallery, Oslo
Forårsudstillingen / Spring exhibition, Charlottenborg, Copenhagen

2000
Galerie 21, Malmön, Suède
Fylkesgalleriet, Namsos
Trondelagsutstillingen, Trondheim

1999
South City Drawings, Pineapple Gallery, Malmö, Suède
Zwischenräume #4, Kunstverein, Hannovre

1998
Oslo Photo Gallery
Snøblind, Galerie Kamras, Borgholm
Tiger,Trondheims Art Museum / Oslo Kunstforening
Trondelagsutstillingen, Trondheim
Comma, Galerie F15, Moss

1997
Trondelagsutstillingen, Trondheim

Texts

Au coeur de l'inquiétante étrangeté

Flora Katz, 2008

Parcourir les photographies de l’artiste suédoise Susanna Hesselberg, c’est entrer dans un monde fait d’ambivalences et d’inquiétante étrangeté. A travers son œuvre, nous pénétrons un univers hybride, où l’être humain est au centre de l’épreuve pathétique de notre regard.

Toujours mis en scène dans des positions incongrues et étranges, l’être que nous présente S. Hesselberg semble toujours jouer sur la limite.  Limite entre le naturel et le singulier, entre le poétique et le monstrueux, le miracle et la fatalité, ou encore la liberté et l’enfermement. Toutes ces thématiques révèlent la complexité de l’existence humaine, où, dans l’oscillation entre le noir et le blanc, nous sont dépeintes toutes les couleurs de l’intériorité humaine et ceci, à notre plus grand étonnement, dans l’absence récurrente de ce qui est le plus enclin à l’expressivité humaine, à savoir l’absence de visage.

En effet, si c’est bien un voyage au cœur de l’humain que nous faisons, c’est pour la plupart du temps un homme sans visage qui nous est exposé. Or un homme sans visage évoque généralement un être sans expression, ce sont ses traits du visage, le cri de sa bouche qui nous les montre. Pourtant, c’est tout le contraire que nous ressentons : les mises en scène de l’être que nous offrent S. Hesselberg sont justement méticuleusement calculées pour dépeindre l’intériorité de l’être. Son visage, c’est alors la totalité de la photographie exposée. C’est ainsi que la complexité du sentiment humain est exprimée.

Tout se joue alors dans l’épreuve du sentiment : sentiment de repli sur soi et de solitude vis-à-vis de cet homme nu assis et caché sous une table de métal froid. Sentiment de flottement au-dessus du réel devant cette femme en lévitation au dessus d’un sol recouvert d’un sac et son contenu éparpillé au sol, signe évident de la matérialité du réel qui nous échappe. Sentiment de perte de soi, d’objectification face à une femme dont le visage est absorbé par un miroir, à cet homme nu qui s’enfonce dans son lit, ou à cet homme d’affaire perdu dans un nuage de fumée. Sentiment de crise devant cet homme mouvementé dont le visage est caché pour une forme rouge criante qui envahi l’espace de la photographie. Sentiment d’emprisonnement enfin, face à ce visage recouvert d’un tricot surmonté de ses aiguilles qui referme l’ouvrage et recouvre à tout jamais le lieu de l’individualité. Ainsi l’artiste nous demande non pas d’analyser mais de sentir, de nous laisser envahir par les impressions qu’elle met savamment en images.

En plus de cette épreuvre pathétique du regard, le talent de S. Hesselberg réside dans sa capacité à mettre le spectateur dans une position double, jouant sur le rassemblement de thématiques contradictoires qui nous placent dans l’univers du paradoxe, image même de la richesse humaine.

Dans la série Human in the Forest, série de 6 photographies montrant des hommes au milieu d’espaces naturels, l’artiste joue sur l’oscillation entre le naturel et l’incongru, l’artificiel. Dans chacune des photographies, l’espace naturel du paysage se met en conflit avec les positions étranges des hommes qui envahissent et tuent la tranquillité du lieu. Si l’homme porte des vêtements, ceux-ci semblent soit se fondre dans le paysage, soit appeler au contraste, comme dans la photographie où une femme assise au milieu d’un espace verdoyant est vêtue de bas blancs et d’une jupe blanches soulevée qui cache tout le haut de son corps et de sa tête. Positions étranges, d’une femme faisant le poirier au milieu d’une forêt, ou de ces hommes nus accrochés aux arbres. Ambivalence, étrangeté de ces corps que la culture et la conscience ont séparés ; la nudité ou les positions statuaires de ces hommes n’y feront rien, leur divorce semble pour l’artiste pleinement consommé. Tout l’artifice et la folie humaine ressortent dans ces étranges mises en scènes où l’intrus est inlassablement l’homme et son étrange esprit.

L’ambivalence entre le poétique et le monstrueux se retrouve à plusieurs reprise dans les Couples séries.  Dans cette série, on aperçoit des couples dont le lien intime est mis en valeur par leur enlacement, leur proximité physique. Pourtant, cette poétique du couple est mise en suspend par un élément perturbateur qui transforme la scène d’amour en scène monstrueuse : les cheveux de la femme recouvrent et étouffent l’autre être, ou les deux visages ne forment plus qu’un et donnent lieu à un visage déformé, sorti tout droit d’un cauchemar, ou encore leur buste est coupé par une table sur lesquels ils reposent, à l’effigie d’une statue, comme celle posée sur un autre meuble à l’extrémité gauche de la photographie.  De plus, l’artiste a l’habileté d’exacerber le contraste en nommant à chaque fois les deux partenaires pris en photo, alors que leur identité d’être humain vivant même se trouve en péril par la mise en scène cauchemardesque.

De la même manière fonctionnent les ambivalences miracle / fatalité, dans l’œuvre Everyday Jesus où la magie de la mise en image d’un homme marchant sur l’eau péri dans la crudité de l’environnement quotidien aseptisé d’un homme dans une baignoire. Puis l’ambivalence liberté / enfermement où un homme pourtant entouré de ce qui symbolise la liberté intellectuelle, à savoir une bibliothèque, s’y retrouve enfermé dans une des étagères, les mains recouvrant la tête, dans la plus grande désolation. D’autres photographies parcourront d’autres thématiques, et ceci toujours avec cet invariant structural du jeu de la limite, qui plonge le spectateur dans ce fragile équilibre de la dualité humaine.

Pas d’horreur donc, dans la photographie de cette artiste suédoise, mais un cri silencieux, une folie douce qui forme l’inquiétante étrangeté de l’être humain pris au plus fort de ses contradictions, habile image de la société actuelle où les progrès technologiques de l’esprit avancent au même rythme que les dérèglement de notre planète.

Le Spectacle Aveugle

François Bernard, 2008

La frontalité du cadrage retient d’abord l’attention; tout semble simple ! Mais l’évidence se brouille et si les corps manipulés des photos de Susanna Hesselberg se donnent à voir, ils se cachent d’autant, derrière la première apparence.

Travesti, amputé, l’être joue l’enfouissement, la disparition, le recouvrement, le flottement. L’artiste démiurge réinvente une espèce humaine affranchie des lois physiques les plus élémentaires.

Pourtant qui conquiert l’autre ? Est ce le corps qui se cache dans l’espace, est ce l’espace qui, imperceptiblement, dévore ce corps avec une cruauté silencieuse ? Il n’y a pas de réponse. Le doute s’installe, lieu de malaise qui déséquilibre cette frontalité première de l’oeuvre, par trop évidente.

Le travail de Susanna Hesselberg ne fixe pas le réel ni ne saisit l’instant. A l’opposé du constat, les photos créent un réel même, celui de la limite autant que de l’au-delà. Par une mise en scène minutieuse dans laquelle le corps est exhibé ou contraint, elle tisse un décor qui deviendra, une fois le cliché réalisé, la toile où l’oil se piègera à refuser de comprendre ce qui n’est pourtant qu’évidence.

Pour ces raisons, les photographies de Susanna sont rares. Rares car loin du monde qui joue la multiplicité et la surabondance, elle élabore son oeuvre avec lenteur. Elle produit peu, offrant à chaque pièce un temps d’élaboration plus proche de  la littérature que de la photographie. Rare enfin car son univers onirique façonne des images/miroirs révélatrices de nos propres contradictions qui mettent en valeur l’éternel question : ainsi ce que je vois … qu’est ce que j’accepte de voir ?

Press

Paris Photo passé sous l'objectif d'Elisabeth Couturier

Paris Match, novembre 2012

Une fois tous les deux ans, en novembre, Paris se met à l’heure de la photo. Musées et galeries la déclinent sous tous les temps, tous les modes et tous les formats. Ca frise l’overdose …

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