Portraits  Dessins au stylo bille
Quick view
Icônes du design industriel
Quick view
Objets
Quick view
Icônes du design
Quick view

Bio

Né en 1970, vit et travaille à Paris
Diplômé de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris

KONRAD, artiste français plus connu pour son travail de graphiste rejoint la Team School Gallery au printemps 2016.

Ses portraits d’hommes, barbus, burinés, ravinés, cabossés par la vie, vous fixent avec une intensité rarement égalée en dessin. La maîtrise du trait donne corps aux visages, la carnation devient plus vraie que nature, bien qu’il n’utilise que la couleur bleu du stylo bille, celle-ci n’interfère pas dans la véracité de la représentation. Les attributs capillaires et les poils de barbes sont autant de prétexte pour réaliser une véritable performance tant le rendu est vraisemblant.

Exécutés entièrement au stylo bille, ces dessins témoignent de l’acuité du regard que porte cet artiste sur l’homme et le monde en général … de l’infiniment petit aux travers de détails anodins de la nature qu’il scarifie sur des bois en forme de licorne ou de lance, qu’il tatoue sur des fragments de pierres polies comment autant de stigmates d’une vie intime et foisonnante ou des cabinets d’entomologiste qu’ils constituent pour illustrer une fiction insulaire dont il serait l’incarnation du premier des vivants ou du dernier rescapé, à chacun d’en faire sa propre lecture.

Texts

A propos des dessins de konrad ...

Julie Estève, février 2016

Des barbes de cent jours, des tifs en désordre, des rides qui dessinent des valons, des montagnes, des crevasses : les portraits géants de konrad sont des paysages et des errances, les visages de ceux qui n’ont plus rien ou de vieux sages disciples de Diogène. Leur peau, devenue comme l’écorce d’un arbre, parle, crie, pleure. S’inscrivent à l’intérieur, la rue et l’humanité. Entre les plis de ces carcasses à l’abandon, entre les poils, entre les bosses, les yeux l’emportent. Des yeux électriques. Nobles. Des yeux pleins. Des yeux qui signalent au monde que le monde a oublié les hommes. L’émotion se plante toujours dans les yeux. Et c’est la solitude, le dénuement, l’injustice que l’on regarde droit en face, et c’est l’âme qui s’en sort, se soulève, sauvée, vivante. L’hyperréalisme des dessins de konrad, sa virtuosité technique, les grands formats, la couleur bleue du stylo à bille, offrent à ces visages une aura, une prégnance, une réalité. Ils leur donnent une place, un espace d’existence. On pense aux photographies des sans domicile fixe de Lee Jeffries et, bien sûr, aux portraits de Chuck Close. Chuck Close, croqué à son tour par konrad, ne voyait-il pas dans un visage une « carte routière de la vie » ? Une tête de vieillard apparaît sur la page d’un atlas, traversant les pays, les villes, les villages, les frontières comme un grand voyage à rebours. Et un philosophe, et un humoriste, Onfray sage, Rollin qui gueule, ont le droit, aussi, aux détails de leur image.

À coté des hommes, konrad dessine des objets, des chaises célèbres du design. La Panton chair, la Zig-Zag, la Vegetal ou la Standard de Jean Prouvé se couchent sur le papier dans une version bleu pastel du stylo à bille, mélancolique et vulnérable comme une sanguine. Privées de toute utilité, résistent sur la feuille leur rang d’icônes et leur inutile beauté.