Bio

Photographe français, né en 1981.
Vit et travaille à Paris

Formation

Maîtrise Arts du spectacle, Université Paul-Valéry Montpellier 3, 2003
Maîtrise Science et Technique en photographie et multimédia, Université Paris 8, 2005

Prix

2010
Zooms, Prix du Salon de la Photographie
Arcimboldo, Prix Spécial du jury
Nominé pour la bourse du Talent

2007
Lauréat du prix RW talents, Raymond Weill

Collections

Bibliothèque Nationale de France
Collection FMAC, Fonds Municipal d’art contemporain, ville de Paris
Gemeentmuseum Helmond, Pays Bas
Fondation Delsemme, Belgique
Maison d’art du Valais, Suisse
Fond de dotation Agnès B
Collection Raymond Weill
Collection FNAC

Expositions personnelles

2017
Detachment, solo show, School Gallery / Olivier Castaing, Paris

2016
Light Cube art gallery, Belgique
Galerie Bacqueville, Lille

2015
Retinal, Vedute, Circus, School Gallery / Olivier Castaing, Paris
Ballart Internationale Foto Biennale, Australie

2014
Hommages, School Gallery / Olivier Castaing, Paris, France
Festival International automobile, Invalides, Paris
Gementmuseum Helmond, Pays Bas
Light Cube Art Gallery, Belgique

2013
School Gallery / Olivier Castaing, Paris

2012
Behind the Futur, School Gallery / Olivier Castaing, Paris
Centre d’art de Völklingen, Allemagne, dans le cadre de la Documenta13 de Kassel, projet « Mono », commissariat Laurent Le Bon
Maison des Arts de Créteil

2011
My Sentimental Archives, School Gallery / Olivier Castaing, Paris
Château des Bouillants, Dammarie-les-Lys
Centre d’Art Ferme-Asile, Suisse
Arsenal Metz, commande Centre Pompidou, Metz

2010
Festival Levallois Photo, Levallois Perret

2009
Commande du Centre Pompidou-Metz pour l’exposition inaugurale Constellation
Galerie Confluence, Nantes
Galerie l’Ecole Buissonière, Paris

Expositions collectives

2017
Fondation Louis Moret, Martigny, Switzerland

2016
Paris Photo 20e édition, stand School Gallery, Grand Palais, paris
Museum Pinocchio, Korea
No(s) Drawings, School Gallery / Olivier Castaing, Paris
Photos Basel, Volkshaus Basel, stand School Gallery / Olivier Castaing, Basles
EAC Les Roches, espace d’art contemporain, Le chambon sur lignon

2015
Photo London, Sommerset House, Londres,stand School Gallery / Olivier Castaing
Art Paris, Grand Palais, Paris,stand School Gallery / Olivier Castaing
Triennale, Photographie & Architecture, Bruxelles

2014
Triennale « Photographie et Architecture » de la Faculté d’Architecture de La Cambre, Bruxelles, Belgique
SPACE NATURE, group Show, School Gallery / Olivier Castaing, Paris
Paris Photo, Grand Palais , Paris,  School Gallery / Olivier Castaing, France

2013
Paris Photo Los Angeles, 1ère édition, School Gallery / Olivier Castaing, US
Paris Photo, Grand Palais, Paris, School Gallery / Olivier Castaing, France

2012
Paris Photo, Grand Palais, School Gallery / Olivier Castaing, Paris
FIAC, stand Fond Municipal d’Art Contemporain, Paris
Festival International de Pingyao, Chine
Musée d’art sacré de Saint Nicolas de Véroce, Mont Blanc Photo Festival, invité d’honneur

2011
Off de la FIAC, Cité de la Mode et du design, School Gallery, Paris
Agnès B, New York
Séoul Muséum, Corée
Galerie du Jour Agnès B , Paris
Festival Imaginez Maintenant
Salon de la Photo, Paris

2010
Bibliothèque Nationale de France, Paris
Paris-Photo, Galerie du Jour Agnès B, Paris
Galerie du Jour Agnès B (Vitali – Dhervillers), Paris
Galerie Bailly, Paris
Rencontre Internationales de la Photographie, Nuit de l’année, Arles
Völklingen, Allemagne
Château d’Haroué, France
Festival international de Photographie, Séoul

2009
Paris Photo, Galerie du Jour Agnès B

Résidence

2011
Centre d’art Ferme-Asile, novembre 10 – avril 2011

Texts

Nicolas Dhervillers

Pauline Guelaud, 2011

Dans le travail de Nicolas Dhervillers tout n’est qu’affaire d’illusions, ou plutôt de projections : scènes débridées de la vie quotidienne, appropriation futuriste des espaces d’un musée, visions apocalyptiques, romances en flash back… Nicolas Dhervillers construit ses images comme le ferait un réalisateur, soucieux de la pose, de l’éclairage et du décor. Formé au théâtre et au cinéma parallèlement à des études de photographie, il  forge son œuvre sur les notions de simulacre et de mise en scène… sans renier une certaine spontanéité.

Des décors architecturaux aux paysages picturaux, la lumière est là pour détourer, révéler, jusqu’à organiser scéniquement la composition. La série Landscape Painting présentée à Paris en 2008, à Nantes et  à Séoul en 2009, expérimente à l’extrême cette dramaturgie visuelle. A l’instar de Gustave Le Gray au milieu du XVIIème siècle, Nicolas Dhervillers opère par collage, en assemblant terre et ciel dans une fiction surnaturelle. « Ces images théâtralisées créent le trouble, sortant du champ de la réalité pour intégrer un autre espace, celui du montage, de l’illusion, celui de la mise en scène ». (Christophe Cesbron, in. Wik, janvier 2009)

Incarner, simuler, voici le défi que lance Nicolas Dhervillers au public du Centre Pompidou à Paris, dans le cadre de sa commande pour le nouveau Centre Pompidou Metz en mai 2009. Dans un studio improvisé, totalement dénué d’oeuvre, trois cents cinquante volontaires ont interprété spontanément les attitudes des visiteurs du futur musée messin. Nicolas Dhervillers réalise Préfiguration, une quinzaine de photographies qui par incrustation numérique, associe le public parisien aux espaces en chantier du Centre Pompidou-Metz.

Avec la série Tourists en 2010, Nicolas Dhervillers reçoit deux distinctions : le Prix du jury Arcimboldo qui récompense la photographie numérique et le Prix Presse Zoom remis par Jean-Luc Monterosso. Son travail rencontre alors un large public notamment lors de sa rétrospective au Salon de la Photographie. Dès lors, les expositions s’enchainent: Bibliothèque Nationale de France, Galerie du Jour Agnès B, Festival International en Corée, Centre d’art en Suisse…

Dans Tourists, l’artiste combine deux innovations: la  nuit américaine en photographie en référence à Truffaut, et le casting libre sur internet. Les individus d’un système globalisant se retrouvent pris au piège, esseulés, dans un décor luxuriant, sauvage. Nicolas Dhervillers revient ici sur l’essence de la photographie, son histoire, empruntant diversement au cinéma, au théâtre mais surtout à la peinture, aux flamands comme Paul Bril, van Ruysdael, Hobbema et aux précurseurs de l’impressionnisme avec Constable, Turner, Monet.

En 2011, au cours d’une importante résidence en Suisse, Nicolas Dhervillers poursuit sa démarche d’appropriation et de recontextualisation d’un sujet en travaillant à partir d’images d’archives municipales. Ses personnages sont désormais issus de photographies noir et blanc du début du siècle. Dans un chassé-croisé de deux temporalités, passé-présent, My Sentimental Archive illustre le désir de l’artiste de questionner son époque et l’image photographique dans son acception large. Le virtuel est déplacé et n’appartient plus à un langage futuriste mais bel et bien au passé.

Retinal

2014

Dès le début dans l’œuvre de ce jeune artiste, il est question d’interprétation de la lumière par la mise en scène de celle-ci. Trucage, addition et soustraction de lumières sont le genre d’exercice que Nicolas Dhervillers livre au spectateur. «Rétinal» poursuit ce processus de mise en péril de ce qui est donné à voir, mais les pistes sont aujourd’hui brouillées. A la limite du visible et de la reconnaissance formelle, il a toujours été question de remettre en cause ce que l’on voit. Bien que cette série nous amène progressivement dans la sphère du très pictural, le rapport à la photographie est indéniable.

Vitesse d’obturation et mise au point sont en questionnement avec «Rétinal». Ces images sont comme des songes, qu’on aurait attrapé dans un train en regardant par la fenêtre. Pour autant ces images n’ont-elles aucun lien avec l’actualité ? Plus que des souvenirs, ces photographies sont sans détail apparent ni véritable provenance. Impossible de dire, en effet,  s’il s’agit de photographie de l’artiste lui-même, d’une image recomposée, d’une image d’archive ou même trouvée sur Internet.

Volontaire retour en arrière, «Rétinal» pourrait être un clin d’oeil au point de départ de l’histoire de la photographie avec la toute première prise de vue réalisée par Niepce dans son jardin. Le grain est disproportionné, la reconnaissance du lieu est quasi impossible, les formes glissent. La recherche technologique sera longue pour arriver jusqu’à aujourd’hui. C’est pourquoi «Rétinal» peut être perçue comme une mise en échec, une régression, une transgression.

Nicolas Dhervillers propose une image incurvée de grand format ou il n’est donné à voir qu’une image floue. L’innovation comme point de départ pour cette nouvelle approche peut être aussi perçue comme une provocation à l’endroit du système marchant, à l’heure ou l’industrie de l’image opère un dictat sur une nouvelle façon de voir l’image en proposant des téléviseurs incurvés.

My Sentimental Archives

2011

My sentimental Archives tente de créer un lien passé présent, réactivant des images d’archives (les personnages) dans le filtre d’une approche contemporaine, prisme de la vision d’un paysage//urbanité sans cesse remodelé. Les images anciennes sont ainsi colorisées, découpées, copier puis collées : détournées. Les scènes créées rejouent une peinture ou la mise en scène de la vie quotidienne cohabite tantôt avec l’étrangeté de certaines situations, tantôt avec l’ambiguïté de ce chassé-croisé de deux temporalités. Les habitants du XIX° siècle deviennent ainsi de nouveaux habitants, découvrant la modernité d’une ville autrefois leurs, s’appropriant les lieux en jouant le quotidien.

L’appropriation de la mémoire collective, mémoire photographique, recoupe ainsi le désire d’interroger l’image au sens large, dans une conception documentaire sans opposition à une image contemporaine et subjective. Cette série nous plonge dans un espace hors-temps fictionnel par le traitement photographique mélangeant lumière artificielle, naturelle, montage, superposition de plans, de claques et autres simulacres.

La dimension symbolique et mystique, autant par le traitement de la lumière dans les paysages, que la réutilisation des personnes (mortes) pour ainsi dire «seules au monde» confère à cette écriture photographique une dimension spirituelle, et pose la question de la mémoire. Peut-on tenter d’écrire photographiquement le présent avec les «ruines» au sens Benjaminien du terme, de notre héritage et notre patrimoine ?

Tourists

2010

Des touristes débarqués de Miami Beach où du Mexique, de Moscou ou de Vladivostok  se  retrouvent  seuls  au  monde, déracinés. Un monde  impossible à cartographier tant les repaires sont bouleversés, tant ce monde semble tout aussi invraisemblable que ces nouveaux habitants. Cette série pose la question de savoir pourquoi produire de nouvelles images alors que toutes semblent d’ores et déjà avoir été faites, multipliées, reproduites. La réappropriation  d’images existentes, mises à la portée de tous en un simple clic est une des multiples réponses.

Contrairement à la série Nuit Américaine où le titre des images «Colorado xx» renseigne sur la géographie des lieux représentés (en fait un leurre, les images ayant été prises dans le sud de la France), la première idée de ce nouveau travail a été de faire basculer des images que j’avais réalisées à tendance pictorialiste en pleine nuit, afin d’y faire naître cette fois un non-lieu. C’est à dire une sorte de «zone» (référence au film Stalker du cinéaste Tarkovski), un endroit secret, spirituel, voire dangereux.

Le ré-éclairage, ponctuel, concerne aussi bien certaines parties d’une nature devenant dénaturée, presque surnaturelle, que ces sujets  situés  dans  l’image. Le genre d’image le plus rependu sur le web est sans conteste la photo de voyage, de famille, touristique, bref, la photo souvenir. J’ai ainsi procédé à un «casting» universel en «googlisant» les portraits  de personnes anonymes à partir du moteur de  recherche pendant des heures, en traquant l’image la plus banale qui soit. Décontextualisés, «mes» touristes visitent ces images, et donnent à réfléchir sur ce qu’ils sont par nature: aventuriers ou spectateurs. Ils ne sont sans doute pas préparés à entrer  dans cette «zone» ou tout est possible. Ils sont esclaves d’un moment de pause, rescapés du système Internet par erreur, dans un univers entre la science-fiction et la sorcellerie, entre la peur et la foi. Le hors-champs est tout le temps suggéré, par la présence d’une forte lumière latérale. Ces touristes semblent être en recueillement, entre absence et présence.

Circus

2014

Dernière série de l’artiste Nicolas Dhervillers, «Circus» prend pour sujet la figure emblématique du clown avec ses attributs nettement reconnaissables, savates et grand nez rouge.

Le clown, ce pantomime de l’artiste, est ici comme de coutume dans l’œuvre de Nicolas Dhervillers, isolé dans un paysage de campagne aux lumières surnaturelles. Cet espace fait en quelque sorte office de coulisse à la relâche contemplative du personnage. La tente du cirque est loin, on  n’entend déjà plus la clameur du public.

Seul donc, le clown n’en est pas moins mis en scène, dans un décor où le moindre détail participe de la dramaturgie d’ensemble. Dès lors, l’image du cirque, cette arène mentale se déporte de l’autre côté de l’image, dans l’espace d’exposition où nous endossons physiquement le rôle de spectateurs, silencieux.

Nicolas Dhervillers n’a de cesse que d’interroger le médium photographique dans toute son étendue historique. Le recours au noir et blanc ne relève pas ainsi d’un simple choix nostalgique. Il reflète ce pont temporel, du passé au présent, et l’écart technologique de l’argentique au numérique.

De façon non moins triviale, «Circus» a été réalisée en même temps que la série «Retinal». Tout semble les opposer et pourtant elles convergent quant à la notion de perception et au rôle actif du regardeur.

Press

Nicolas Dhervillers, Loup Solitaire

Par Valérie Duponchelle, Figaroscope, 18 février 2015

La nouvelle série du photographe français en noir et blanc. Clowns perdus dans les bois, dompteurs d’eau, bûcherons en costumes de scène …

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Les Diapos de Nicolas Dhervillers

Elisabeth Couturier, L'Oeil #676, février 2015

Ce n’était pas gagné : en réponse à ma requête, Nicolas Dhervillers, tout sourire, répond de sa voix douce comme pour s’excuser : « En fait, je n’entretiens aucun rapport …

Nicolas Dhervillers, metteur en scène d'images

Sophie Bernard, Hors-série Images magazine/Fnac #11

Né en 1981, Nicolas Dhervillers obtient une maîtrise en Arts du spectacle en 2003 à Montpellier, puis en Sciences et technique multimédia à Paris VIII en 2005. Mention spéciale du prix Arcimboldo …

Les mystères de Dhervillers

Citizen-Press, hors-sujet, nos actus, janvier 2014

En association avec la School Gallery, Citizen Press a réalisé Hommages, un beau livre invitant à la découverte de Nicolas Dhervillers …

Nicolas Dhervillers, Behind the Future, L'art en friche

Roxana Azimi, Le Quotidien de l'Art, n° 290, janvier 2013

A quoi pourraient ressembler dans quelques décennies les hauts-fourneaux de Florange? A l’usine sidérurgique abandonnée de Völklingen, dans la Sarre, vestie industriel allemand photographié par Nicolas Dhervillers …

Paris Photo 2012 : School Gallery / Olivier Castaing

Le Journal de la Photographie, novembre 2012

Cette jeune galerie présente Nicolas Dhervillers, lauréat du prix Arcimboldo et du prix Raymond Weill, mais aussi l’école du nord avec Joakim Eneroth et Susanna Hesselberg …

Displaced History and the Art of Collective Memory

Lily Rothmans, The Time, Lightbox, novembre 2012

Somewhere in Switerzland there’s a municipal archive, the collective memory of a town, with negatives and newspapers and postcards and photographs that tell the story …